Paris et la COP21 : aucune entente meilleure qu’une entente qui ne respecte pas le budget carbone

Dans mes réflexions sur les rapports qui ont été publiés depuis l’été pour contribuer aux échanges et aux négociations préparatoires à la COP21 en décembre prochain, j’ai souligné (i) que le calcul du budget carbone par le GIEC et sa reconnaissance par les responsables de ces rapports représentent une avance majeure par rapport à Copenhague et (ii) que l’échec prévisible des efforts de respecter ce budget risque de résulter dans des dérapages importants dans les communications des responsables et dans la couverture par les médias. J’ai également insisté sur le fait que tous ces rapports représentent en priorité la promotion de l’économie verte plutôt que la recherche de solutions au défi des changements climatiques – et qu’ils échouent dans leurs efforts à date.

Je suis récemment tombé sur une entrevue intéressante qui souligne les mêmes risques, entrevue fournie à chinadialogue par Kevin Anderson, ancien directeur du Tyndall Centre, centre de recherche académique brittanique reconnu en la matière. Je suggère la lecture de cette entrevue. pour les perspectives qu’elle offre, histoire aussi de se préparer pour les discours qui passeront à coté des enjeux réels.

chinadialogue est un journal en ligne avec siège à Beijing, Londres et Delhi, et qui utilise des journalistes aussi bien étrangers que chinois. C’est un site intéressant pour suivre ce qui se passe en Chine en matière d’environnement tout comme pour une couverture des impacts de la Chine ailleurs. Récemment, il a publié des articles sur l’entente Chine/États-Unis, soulignant les énormes défis devant la nécessité d’abandonner l’accent sur le charbon dans ce pays.

MISE À JOUR: Anderson a fait une présentation il y a deux ans, en novembre 2012, sur l’ensemble de la problématique. «Real clothes for the Emperor: Facing the challenges of climate change» peut être consulté en version YouTube, en PowerPoint ou par transcription.

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2 Commentaires

  1. Rayymond Lutz

    Intéressant, en effet… Il conclut: « Those of us in the scientific community who have been developing emissions scenarios and pathways have not served the policy-makers or civil society well. We have collectively adopted the approach of the New Climate Economy authors in trying to second-guess how hard we can push the political and economic system. »

    Mais je comprends mal l’expression « in trying to second-guess how hard we can push ». Pouvez-vous me la traduire, SVP?

    Et en quelques mots, quelle est l’approche des ‘New Climate Economy authors’ auxquels il fait référence ? Que le marché émergent des énergies vertes nous tirera de ce trépas?

    • The New Climate Economy est une initiative de l’ancien président du Mexique Felipe Calderón et l’économiste anglais Nichola Stern. J’ai commenté leur récent rapport, en long et en large, dans deux articles, le premier insistant sur le caractère du bluff qui marque le document, pour ensuite dans le deuxième conclure que tout l’exercice n’est que du fluff, tellement il flotte dans l’irréalité.

      Je comprends la remarque d’Anderson un peu dans ce sens. Les scientifiques, en intervenant directement dans le contexte fourni par nos décideurs, présumaient de la croissance et d’une capacité des décideurs d’insérer les recommandations dans le cadre économique – à tort.

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