Découverte, la Chine et la COP21

Le printemps dernier, le groupe financier Mercer a publié un rapport pour ses investisseurs qui ciblait les risques et les occasions d’affaires associés au changement climatique. Pensant à ce qui pouvait sortir de la Conférence des parties (COP) sur la question du changement climatique, le rapport formule quatre scénarios pouvant guider les décisions d’investissement: (i) Transformation, dans le contexte d’une hausse maximale de 2°C, (ii) Coordination (sic), en présumant d’une hausse de 3°C,(iii) Fragmentation avec dommages limités et (iv) Fragmentation avec dommages importants, ces deux derniers présumant d’un contexte d’une hausse de peut-être 4°C.

Le rapport de Mercer note que le respect de l’entente de décembre 2014, qui verrait la Chine maintenir son engagement «historique» de réductions à partir d’un pic de ses émissions en 2030, rendrait probable le scénario Coordination et une hausse de température catastrophique de 3°C…

Chongqing en 2010

La Chine mise au pilori par Découverte

Ce n’était pas dans mes intentions de regarder la trajectoire pour la Chine développée par le DDPP. Le visionnement de l’émission Découverte du 22 novembre dernier m’a changé d’idée. L’émission portait sur Solar Impulse 2, l’avion mu entièrement par énergie solaire, en train de faire le tour de la planète, et actuellement à Hawaïi en attendant le retour au printemps d’une météorologie favorable à la poursuite du voyage.

En soi, le projet est intéressant, réunissant de nombreux travaux contemporains en matière d’énergie renouvelable, en l’occurrence l’énergie solaire : le fuselage et les ailes de l’avion sont couverts de paneaux solaires pour capter le rayonnement et il est équipé de batteries capables d’emmagasiner l’énergie nécessaire pour le vol pendant la nuit. En général, l’initiative représente une aventure high tech qui cherche à relever le défi de faire le tour du globe sans énergie fossile.

L’émission prétend dès le début que le projet «démontre qu’il est possible de relever le défi des énergies renouvelables»; «l’objectif de ce défi historique est de prouver que les technologies propres permettent d’accomplir l’impossible et apporter des solutions pour une meilleure qualité de vie sur la planète» (texte tiré de la description sur le site). Ceci passe proche d’être une connerie, et il n’est pas digne de Découverte de se faire le promoteur sans nuances d’un tel discours.

Et voilà la raison de mon intervention. L’émission se transformait, finalement, en une tribune offerte aux deux grands responsables de l’aventure, Bertrand Piccard et André Borschberg, des personnes qui, dans les années 1990, ont réussi à faire le tour du globe en ballon. Lors de l’étape du voyage de Solar Impulse 2 passant par la Chine, un arrêt à Chongqing nous montre Piccard en train de traverser la ville en voiture alors que la ville connaissait une journée de smog important. L’aventurier se lance dans un discours soulignant comment l’énergie solaire (et les autres énergies propres) constituent la réponse aux problèmes du monde. L’animateur Charles Tisseyre intervient en décrivant l’arrivée en Chine :

Les choses sérieuses vont commencer. Avec 35 millions d’habitants, Chongqing [est] une mégalopole gorgée d’énergie fossile … et dont l’air est saturé de particules fines. Le projet prend ici plus qu’ailleurs tout son sens. (vers la minute 8).

Cela sert d’introduction pour Piccard, qui poursuit :

Tout ce qu’on voit ici pourrait très bien exister avec un taux de pollution acceptable, pourrait très bien exister avec très peu d’émissions de CO2, à condition que ces maisons [dont des édifices de 40 étages partout!] soient isolées [comme si elles n’en avaient aucune…], qu’elles aient du double vitrage, qu’elles puissent économiser du chauffage et d’air climatisé, à condition que toutes ces voitures soient électriques, à condition qu’on ait des systèmes d’éclairage au LED, de nouveaux processus industriels. Il ne faut pas se battre contre tout cela. Il faut simplement voir que cela peut exister avec 75% d’émission de CO2 en moins… Ça montre jusqu’où on peut aller dans le possible avec les technologies propres.

C’est indigne de Découverte que de diffuser de tels propos simplistes, voire méprisants, digne du discours d’anciens colonisateurs qui savaient en arrivant qu’ils comprenaient mieux que les colonisés ce qui était et est dans leur intérêt. Je me trouve à utiliser cette image exagérée tellement l’émission manque son coup ici – et cela à 10 jours de la COP21 où ces enjeux pas si simples que cela seront à l’ordre du jour.

Les défis de la Chine (qui sont les nôtres)

À aucun moment pendant l’heure les responsables de l’émission ne se pensent obligés de commenter le discours de Piccard, sauf en louanges. La Chine est pourtant parmi les plus importants producteurs d’énergie renouvelable au monde, que ce soit des chauffe-eau solaires qui se trouvent partout dans le pays, des parcs d’éoliennes qui se trouvent également partout, des usines de production de panneaux photovoltaïques – le pays est de loin le principal producteur de panneaux solaires au monde (voir par exemple ceci), cette situation contribuant à la baisse importante du prix de fabrication de ces panneaux, en raison du coût moindre de main-d’œuvre en Chine par rapport aux pays européens.

Même si Solar Impulse 2 finit par contribuer du nouveau dans le domaine de l’énergie solaire, il est tout simplement invraisemblable que celles-ci aient la moindre contribution à faire aux énormes défis auxquels la Chine est confrontée. Découverte a laissé passer le discours sur le potentiel des énergies propres et renouvelables pour laisser l’impression – c’était presque explicite – que Solar Impulse 2 offrait le potentiel de sauver le monde face aux changements climatiques et aux pollutions occasionnées partout par les énergies fossiles, cela par la contribution qu’il est en train de faire et qui n’est même pas expliqué en détail devant le plus grand intérêt de l’aventure elle-même.

Nul arrêt non plus pour une réflexion sur le fait que toute la recherche sur l’énergie solaire photovoltaïque [1] indique que son retour sur l’investissement en énergie, son ÉROI, est tellement bas, en bas de 5, qu’elle ne représente aucun avenir par rapport à nos énormes défis, quitte à reconnaître qu’elle offrira sûrement certaines opportunités bien spécifiques.

J’ai donc décidé de regarder le DDP pour la Chine, puisqu’il s’agit d’une composante d’une initiative très sérieuse qui cherche à s’attaquer aux défis esquissés par Piccard. Le rapport permet de situer le discours rêverie du promoteur de Solar Impulse 2. Cela sans oublier que, dès le départ dans le résumé exécutif, nous nous trouvons devant des orientations à l’échelle nationale qui visent, suivant le travail fait par le gouvernement de la Chine et la Banque mondiale, à rendre la Chine un pays à revenu élevé (comme nous…).

DSC06358Le rapport rend clair pourquoi le DDPChine n’arrivera pas à faire mieux que le DDPCanada face aux défis des changements climatiques, mais ce n’est pas parce que les responsables chinois manquent quelques éléments scientifiques et technologiques que Solar Impulse 2 pourrait leur fournir… En même temps, il ne fournit aucune information sur le niveau de réductions que la trajectoire pourrait atteindre et ne parle même pas du budget carbone et du défi de rester en-dessous de 2°C. Il faudrait embarquer dans des calculs pour y arriver; le rapport sort du moule du DDPP tellement un cas à part, cherchant à rendre sa population, 20% de la population mondiale, l’égale de la nôtre en termes de niveau de vie. Même si l’on n’arrive pas à un chiffre dans le document, l’entente Chine-États-Unis, repris plutôt dans le détail dans le rapport, nous en fournit. Le groupe financier Mercer l’a analysé et conclut, pour le rappeler, qu’il permettrait une contribution laissant la hausse de température à 3°C ou 4°C…

Finalement, le rapport DDPChina en est un d’un pays qui se voit comme à l’époque de Kyoto, n’étant pas ciblé pour les réductions requises des pays riches. En fait, depuis ce temps, la Chine est devenu un pays où l’empreinte écologique par personne et les émissions globales font qu’elle fait partie maintenant du problème et sujette aux réductions.

Ce qui manque à Solar Impulse 2

Piccard n’est même pas dans le jeu. La Chine veut devenir comme nous (une ancienne colonie voulant devenir comme les métropoles…), cela devant le défi impressionnant de le faire pour une population de près de 1,4 milliards de personnes, dont nous considérerions les trois quarts pauvres… Ses ressources sont limitées pour cela, tout comme le temps dont elle dispose en raison des contraintes résultant d’un siècle de développement extravagant des pays riches, fonction en grande partie des énergies fossiles. Une belle lecture de la situation est représentée par In Line Behind a Billion People: How Scarcity will define China’s Ascent in the Next Decade. C’est tout un contraste avec ce qui a été présenté de manière simpliste le 22 novembre…

En ce qui concerne les énergies renouvelables, le discours de Piccard et de Découverte profiterait de la lecture de L’âge des low tech, de Philippe Bihouilx, produit par un ingénieur qui connaît quelque chose des enjeux associés, entre autres, à la disponibilité (limitée) et à l’utilisation (problématique) des ressources impliquées nécessairement dans tout effort de développer les énergies renouvelables à grande échelle. Le livre commence à nous fournir quelques éléments du portrait de rareté que Piccard jette par-dessus bord (pour le ramener à terre/à l’eau avec l’image) dans ses propos. On peut en trouver le résumé dans deux chapitres qu’il a contribué à Creuser jusqu’où, récente publication chez Écosociété.

Plus généralement, ce qui manque dans le discours de Piccard est une reconnaissance des travaux du GIÉC qui seront au coeur des pourparlers (et de l’échec) de la COP21. Le GIÉC avait publié les différentes parties de son cinquième rapport d’évaluation de la situation en 2013 et 2014. Ce rapport tablait sur un consensus établi par les quelque 200 pays réunis dans les COP à l’effet qu’il est essentiel de garder la hausse de température sous les 2°C et calculait le «budget carbone» qui est en cause.

Il s’agit d’un nouvel élément dans les processus marquant nos décisions d’affaires et dans nos décisions comme sociétés, comme pays. Les représentants des gouvernements qui sont à Paris pour la COP21 pendant les 10 prochains jours se butent aux contraintes dramatiques qui sont en cause. Une étude québécoise nous fournit des explications de cette situation. En juillet 2015, Renaud Gignac et Damon Matthews ont publié leurs calculs sur les implications du budget carbone pour l’ensemble des pays sous le titre «Allocating a 2°C carbon budget to countries»; l’article est intéressant dans le contexte de ce billet par le fait qu’il suit la situation de la Chine à travers ses calculs. En bref: le respect du budget carbone dans le contexte du maintien de notre modèle de développement est impossible… On est loin du constat de Piccard: «Il faut simplement voir que cela peut exister avec 75% d’émission de CO2 en moins»…

 

 

 

[1] Charles A. S. Hall et Pedro A. Prieto ont fait une étude en fonction de données réelles pour l’énergie photovoltaïque installée en Espagne : Spain’s Photovoltaic Revolution : The Energy Return on Investment (Springer 2013). Ils avaient auparavant présenté un sommaire des résultats des travaux dans une présentation à l’Association for the Study of Peak Oil (ASPO) en 2011 et y fournissent les conclusions : l’ÉROI pour l’énergie photovoltaïque est entre 2 et 4, de la même importance que celle des sables bitumineux, et insuffisante pour soutenir la civilisation.

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La trajectoire pour le Canada du DDPP: on exploite les sables bitumineux, mais…

Les travaux du DDPP incluent des documents qui présentent des trajectoires possibles pour les 16 pays qu’il réunit pour le moment. Il établit le contexte pour son travail en divisant le budget carbone résiduel en 2050, tel qu’établi par le GIÉC, par la population projetée pour cette année; les principes de l’approche contraction/convergence sont implicites dans le calcul. Il s’agit d’une allocation de 1,7 t/personne pour toute l’humanité, alors que, actuellement, les Canadiennes sont responsables d’une consommation de 21 t/personne. Le travail du groupe canadien (qui n’a aucun lien avec le gouvernement) est d’identifier des pistes – une trajectoire – qui permettraient d’atteindre la cible, ce qui comporte une réduction de plus de 90% des émissions actuelles.

L’équipe a produit un rapport en septembre 2014 et a publié un rapport de deuxième phase en septembre 2015. Dans les deux cas, les rapports publiés ne sont que de quelques dizaines de pages, mais sont basés sur une documentation volumineuse qui ne semble pas être disponible.

Suncor Greenpeace

Concevoir l’avenir du Canada en fonction de l’exploitation des sables bitumineux

Tout le document de 2014 se fonde sur le jugement que l’exploitation des sables bitumineux constituera un élément de base de l’économie canadienne pour les prochaines décennies, ainsi «taking into account national socio-economic conditions, development aspirations, infrastructure stocks, resource endowments, and other relevant factors.»

The focus of this analysis has been to identify technically feasible pathways that are consistent with the objective of limiting the rise in global temperatures below 2°C. In a second—later— stage the Country Research Partner will refine the analysis of the technical potential, and also take a broader perspective by quantifying costs and benefits, estimating national and international finance requirements, mapping out domestic and global policy frameworks, and considering in more detail how the twin objectives of development [lire: croissance économique] and deep decarbonization can be met. (p.1)

Le rapport signale trois caractéristiques particulières pour le Canada: (i) la taille du territoire, le climat et – surtout, doit-on dire – l’importance du secteur de l’extraction des ressources, en particulier des sables bitumineux; (ii) la nécessité d’inclure à toutes les étapes des mesures technologiques pour contrer les émissions en cause; (iii) des contraintes politiques, économiques et technologiques importantes. Comme les auteurs soulignent:

It is important to remember that this pathway is not a forecast, but rather an illustrative scenario designed to identify technology-related needs, challenges, uncertainties, and opportunities. …  current political realities were suspended, and important assumptions were made …

The Canadian deep decarbonization pathway achieves an overall GHG emission reduction of nearly 90% (651 MtCO2e) from 2010 levels by 2050, while maintaining strong economic growth (see Table 1). Over this period, GDP rises from $1.26 trillion to $3.81 trillion (real $2010 USD), a tripling of Canada’s economy. (p.6)

Le travail, tenant compte du contexte fourni par une croissance démographique assez importante et cette augmentation majeure de l’activité économique, porte une attention particulière aux secteurs industriel et des transports; les perspectives pour les secteurs du bâtiment et des transports s’avèrent plutôt positives. Il identifie des interventions en matière de technologies, d’utilisation d’énergie et de structures économiques pour fournir les pistes permettant d’atteindre la cible.

Au Canada, les principales sources d’énergies deviennent les énergies renouvelables et la biomasse et, comme le texte souligne, le tout n’est pas dépendant d’une seule approche; différentes alternatives sont envisageables selon les circonstances. Complémentaire à ce changement de source d’énergie, l’efficacité énergétique et l’intensité en énergie de l’activité économique amène une hausse de seulement 17% dans la consommation d’énergie avec une hausse du PIB de 203% (p.7 – il semble y avoir confusion avec le 302% mentionné à la page 6).

Le portrait est hallucinant, mais l’objectif est de nous fournir les options envisageables dans le cadre de la volonté de maintenir la croissance; même la technologie de la capture et séquestration de carbone (CCS) n’est pas jugée essentielle, surtout devant le coût prévisible qui la rendrait non viable sur le plan commercial (p.12). Dans la trajectoire esquissée, la production de pétrole et de gaz double, mais c’est surtout pour exportation. Le recours à la CCS à un coût abordable est jugée essentielle dans le cadre d’une trajectoire qui restreint les réductions à des interventions canadiennes, cela en soulignant que la production de pétrole est surtout pour exportation et qu’une collaboration internationale est à rechercher à ce sujet (p.14).

Le rapport identifie quatre hypothèses pour gérer les incertitudes reliées aux secteurs problématiques: la demande pour le pétrole et le gaz va rester importante, même avec la décarbonisation profonde; toutes les réductions des émissions se font au Canada, un point de départ pour le DDPP mais jugé préoccupant; il n’y a pas de changement dans le commerce international pour l’économie canadienne; il y aura beaucoup d’innovation pour stimuler les réductions.

As mentioned previously, the Canadian deep decarbonization pathway assumes that international demand for crude oil and natural gas remains substantial. If international oil prices remain above the cost of production, continued growth of the Canadian oil sands sector (with decarbonization measures) can be consistent with deep emission reduction efforts and would support continued economic development.

The literature conflicts on whether production from the oil sands can be cost-effective in a deep decarbonization scenario; the answer depends on policy, the cost of reducing production emissions, and assumptions regarding transport energy use and efficiency. However, the International Energy Agency’s World Energy Outlook 2013 indicates that even in a 450 ppm world, oil sands production could remain at levels similar to today or higher. (p.12)

Finalement, ce premier jet conclut en soulignant que le coût des réductions dans les deux secteurs problématiques de l’industrie lourde et de l’extraction et du raffinage de l’énergie reste toujours très élevé. En dépit du constat que tout est possible, ils proposent d’y revenir dans la deuxième étape du travail, en ciblant le rôle d’une approche  internationale (en fait, un retour aux types de mécanismes associés au Protocole de Kyoto).

Le prix du pétrole plus déterminant pour l’économie canadienne que le défi de la décarbonisation profonde (p.22)

Dans le rapport de 2015, on projette les tendances actuelles vers 2050, sauf que la base des projections est le prix projeté du pétrole sur les 35 prochaines années: la structure de l’économie canadienne est tellement liée à l’exploitation des sables bitumineux que le rapport se trouve obligé de construire ses scénarios tout en soulignant que «dans un monde en train de se décarboniser, nous ne savons tout simplement pas comment la demande et l’offre pour le pétrole et pour d’autres biens intensifs en émissions vont interagir et où les prix vont se trouver» (19, 20).

Le rapport de 2015 comporte donc une première section sur l’impact du prix du pétrole sur le développement des sables bitumineux. Ce faisant, il donne suite au constat de 2014 à l’effet que le contexte international pourrait être déterminant pour la trajectoire canadienne, pensant à la nécessité de trouver les mesures les plus économiques pour les réductions des GES sans être obligé d’effectuer les réductions au Canada, surtout dans le secteur de l’extraction (sables bitumineux). En 2015, cette approche semble être transformée en partie en reconnaissant l’importance de la baisse dramatique du prix du pétrole sur l’économie canadienne, frappant directement le secteur de l’extraction mais également les industries lourdes.

Le DDPCanada part avec cette énorme incertitude pour l’avenir de l’économie canadienne, en utilisant le scénario de l’Office national de l’énergie (ONÉ) qui comporte l’hypothèse d’un prix bas pour le pétrole dans les prochaines décennies.

Reflecting the 2014 collapse in oil prices, we adopted the NEB [ONÉ] low price scenario, which at the time of report writing was the only publicly available and credible long-term forecast reflecting current market trends. In our reference case, the long-term price of oil stabilizes at a yearly average of $83 after 2030, rising from an average of USD $67 for 2015 (in 2014 dollars), driving 4.3 million barrels per day of oil production. Henry Hub natural gas prices are about USD $4.8 per million British thermal units (MMBTU) with production of 11 billion cubic feet per day. This reference case essentially has production ramping up to 2020 then more or less stabilizing in the longer-term, with GHG emissions more or less stabilizing from today. (p.11)

Avec la perspective pour un prix de pétrole qui reste bas, l’économie canadienne verra une exploitation des sables bitumineux d’environ 4,3 millions de barils par jour pendant les prochaines décennies. Reconnaissant la fragilité de la projection du prix, le DDPCanada formule un deuxième scénario avec l’hypothèse d’un prix à la hausse pour le pétrole, fondé sur la projection moyenne de l’ONÉ.

The basis for the high oil price assumption is the 2013 NEB [ONÉ] medium reference benchmark. In this scenario, oil prices climb to USD $114 in 2035, which we then assume remains constant through 2050. Oil production consequently increases to 7.6 million barrels per day by 2050. Natural gas prices rise to USD $6.7 per MMBTU and natural gas production increases to 17.4 billion cubic feet per day. In this scenario, emissions are about 20 Mt higher in 2020, but then stay about 50 to 60 Mt greater than the reference case to 2050 (Figure 3)…

Figure 5 compares the GHG trajectory of the two scenarios, highlighting the significant impact that oil and gas prices have on Canada’s emission trajectory through production and consumption. The net impact of higher oil prices and production is to increase Canadian emissions by 47 Mt in 2050 or 7 per cent. (p.11)

Il s’agit d’une exploitation 3 fois supérieure à ce qui se fait aujourd’hui. Dans les deux scénarios, les auteurs décrivent ce qu’ils jugent comme une vision plutôt réaliste de l’avenir en termes des politiques et des comportements actuels. Le prix plus élevé voit l’exploitation des sables bitumineux, et les émissions, augmenter. Le réalisme inclut le jugement que, comme c’est le cas depuis des décennies, les défis environnementaux ne changeront pas les orientations économiques.

J’inclus ici pour faciliter le suivi de l’argument un long extrait qui explique la pensée derrière les deux scénarios de référence (avec prix bas et pris élevé):

Overall, net emissions are dominated by the upstream fossil production in either oil price scenario, with transport emissions [en baisse] only somewhat offsetting upstream emissions [en hausse]. The key dynamics are threefold. First, the higher oil prices scenario drives more fossil energy extraction, boosting sector emissions relative to our reference case by 82 Mt in 2050, or 12 per cent higher. Second, there is an offsetting net effect on emissions as oil prices impact long-term technology deployment on the consumption side. Higher oil prices discourage the consumption of gasoline and diesel, with emissions in the NEB medium scenario down 4 per cent or 27 Mt. Ongoing energy-efficient regulations dampen the transport emissions rebound as the fuel economy of the transport fleet significantly improves to 2050. The large relative drops of GHGs in both scenarios reflect Ontario’s coal electricity phase-out, which delivers emission reductions before 2015, but also the federal coal-fire power electricity regulations that reduce the emission intensity of electricity after 2020, despite a 50 per cent expansion in electric demand between now and 2050. Third, changes to energy prices induce minor fuel switching and changes to emissions in other sectors of the economy, such as buildings and industry. (p.11-12)

Voilà pour le réalisme du rapport, qui suit ici la même approche que le Conférence Board. C’est cette vision à laquelle Dialogues pour un Canada vert prétend répondre... Le rapport conclut en retournant aux travaux sur les trajectoires de référence.

In sum, oil prices, and not national decarbonization policy, are the key determinant of Canadian oil production and therefore our regional economic structure. Overall GDP is relatively unaffected, but with strong regional effects. Domestic deep decarbonization is feasible in all cases. (p.23)

2015: La DDPC, la trajectoire pour le Canada: On cherche à atteindre la cible du GIÉC ou Comment réaliser la croissance économique en respectant un rôle important pour les sables bitumineux

Le texte poursuit en rappelant la cible de 1,7 t/personne, à partir de 21 t/personne aujourd’hui, et maintient le seuil de probabilité de 67% (contrairement à ce que le projet global du DDPP se trouve obligé de faire avec leur mise à jour globale de 2015). La travail tient compte d’une population qui aurait augmenté de presque 50% (33M à 48M) et use croissance du PIB per capita qui le verrait passer de $37,000 à $78,000, plus du double.
La trajectoire pour une décarbonisation profonde de l’économie canadienne comporte plusieurs politiques: réglementation la meilleure de classe: contrôle de l’intensité de consommation d’énergie et d’émissions pour les bâtiments, les véhicules et les appareils ménagers ainsi que pour le transport personnel et de marchandises; contrôles exigeant des réductions de 99% des sources de méthane que constituent les sites d’enfouissement et les industries; établissement du prix de carbone différencié entre l’industrie lourde et le reste de l’économie; politique d’aménagement du territoire qui intègre la prise en compte des émissions.
La trajectoire compte six composantes sous trois régimes. Le premier régime est constitué des tendances actuelles en mode hautement accélérée, et comporte des interventions dans les processus d’électrification décarbonisée, dans la productivité (ou efficacité) énergétique et dans l’étanchement des fuites dans les sites d’enfouissement et dans les équipements et infrastructures pour le gaz. Un deuxième régime est décrit comme «nextgen» – «prochaine génération» – et comporte des interventions ayant recours à des technologies non encore disponibles; il touche la développement de carburants zéro émissions pour les transports et des procédés industriels décarbonisés. Le troisième régime est structurel et touche le fonctionnement de l’économie en relation avec l’évolution du prix du pétrole; il s’agit de la première section déjà esquissée.
 Le transport comporte des incidences différentes dans l'exploitation des sables bitumineux...
C’est un ensemble de mesures extrêmement contraignantes, allant à l’encontre de ce que les auteurs jugent la norme par le contrôle extrême qui serait exercé par l’État. Ils laissent entendre – c’est très clair – que la trajectoire développée es plutôt illusoire…
Our analysis and modelling indicate that this is truly a stretch scenario relative to current and forecast policy stringency. … These rather aggressive measures need to be implemented essentially immediately if deep decarbonization is to be achieved by 2050, which we as analysts realize is pushing the limits of plausibility. (p.13)
Bref, ils réussissent à concevoir une trajectoire qui pourrait permettre les réductions de GES de 90% tout en maintenant l’activité dans les sables bitumineux. Par contre, cette trajectoire n’est tout simplement pas plausible. On se bute à la faille de tout le processus du DDPP: il s’agit d’un exercice qui cherche à fournir aux décideurs en ensemble de mesures qu’ils ne pourront pas mettre en oeuvre selon les conditions établies – du moins dans le cas du Canada. Devant l’échec, aucune piste n’est fournie pour les gestes qu’il faudrait poser dans le cadre d’une décroissance prévisible de l’économie.
et l’auto dans tout cela
Le Conference Board, se penchant uniquement sur le secteur des transports, n’a même pas jugé pertinent d’esquisser dans le détail un scénario qui respecterait le budget carbone. Il jugeait que les mesures requises seraient beaucoup trop contraignantes et autoritaires pour le cadre canadien. Le DDPP le rejoint dans son jugement à cet effet ainsi à l’effet que sa trajectoire n’est pas plausible, mais fonce dans le détail.
À travers le rapport, les perspectives pour les transports personnels sont jugés plutôt capables de progresser dans la bonne direction (p. 6, 29s.); cela serait justement en raison de l’ensemble d’autres mesures proposées. À l’instar du DDPP, nous sommes devant une des contraintes fondamentales dans les travaux visant la formulation d’un accord à Paris: des projections qui se butent à un monde inconcevable, où il y aurait, par exemple, des milliards de véhicules personnels (incluant 1,2 milliard high tech) circulant dans l’imaginaire à travers une activité économique mondiale trois fois et demi celle d’aujourd’hui, mais décarbonisée.
Nulle part dans les travaux ne voyons-nous une réflexion sur les implications de tout cela, avec la consommation de ressources que nous pouvons dire inimaginables; nulle part nous n’y trouvons une réflexion sur l’alternative qui s’imposera de force – ou possiblement avec notre intervention… – une restructuration de l’économie canadienne, de l’économie mondiale, de la civilisation contemporaine dans le cadre d’une baisse permanente et dramatique de son activité.
Finalement, c’est un peu le pendant du tableau de la Fortune 500, où onze des douze plus importantes corporations du monde en 2012 étaient dans le secteur de l’énergie (fossile). Le nouveau gouvernement Trudeau va-t-il vraiment abandonner le rêve d’exploiter les sables bitumineux, de maintenir l’industrie automobile? Déjà, nous voyons le DDPCanada se plier aux dérapages qui auront lieu à Paris et après.
La baisse du prix du pétrole pourrait entraîner l’abandon imaginable de l’exploitation des sables bitumineux et d’autres sources d’énergie non conventionnelle. Est-ce que l’abandon imaginable de l’industrie de l’automobile, complément de celle de l’énergie fossile, fait partie de la réflexion qui s’impose. Est-ce que cela préfigure l’effondrement de la production industrielle projetée par le Club de Rome dans Halte à la croissance?

Quand même, dans un prochain article: L’émission Découverte, et le DDP pour la Chine…

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Le DDPP: la décarbonisation profonde est «plus ou moins» atteignable

NOTE Le 3 septembre: David Roberts, blogueur de Grist pendant 10 ans et maintenant de Vox, avait souligné comme moi l’importance des travaux du Deep Decarbonization Pathways Project (DDPP) : il s’agit d’une initiative de dernière chance qui cherche à concilier les exigences du budget carbone du GIÉC avec la volonté de maintenir le modèle économique actuel fondé sur une croissance économique contre-intuitive devant l’ampleur du défi. Je l’ai contacté pour voir s’il en connaissait quelque chose concernant le retard d’une demi-année dans la sortie du rapport 2015, le délaissement du site web et une  adresse courriel qui ne fonctionnait pas. Pour moi, tous les moyens de contact étaient bloqués, les auteurs du rapport canadien ne répondant pas plus que ceux du DDPP. La réponse de son contact dans l’organisation n’a pas tardé: «The 2015 @Pathways2Decarb report will be released in late 2015 before COP21 & we’re relaunching the site in a few weeks!» – aucune explication fournie. Un résumé exécutif du document synthèse est sorti discrètement en septembre; on attend toujours le rapport lui-même.

En date du 25 novembre, le site web du DDPP est bloqué, avec le message (en espagnol): «Transferencia mensuel superada – Actualmente esta página se encuentra desactivada por haber superado la transferencia total contratada. – Por favor, vuelva a intentarlo más tarde. – Gracias por visitarnos.» Et il semble que le rapport promis pour le début de la COP21, le 30 novembre, n’est toujours pas sorti. Et voilà, en date du 27 novembre: le site est toujours bloqué en passant par une voie, mais est ouvert en suivant une autre; j’y trouve maintenant une version française du résumé exécutif 2015 que j’utilise pour fournir les citations en français dans mon texte, en laissant l’original en anglais.

Disons que c’est une initiative extrêmement exigeante, et que cela explique qu’il y ait des retards… Soulignons surtout que déjà le résumé exécutif de septembre nous informe que le DDPP a abandonné son objectif initial (voir plus bas). 

Le DDPP a publié son premier rapport (après un rapport préliminaire quelques mois plus tôt) pendant la rencontre aux Nations Unies en septembre 2014 convoquée par Ban Ki Moon pour préparer la COP21 et a promis, «dans la première  moitié de 2015», un rapport plus complet qui aborderait les enjeux sociaux, politiques et économiques encore plus problématiques que ceux, technologiques, du rapport de 2014:

In the first half of 2015, the DDPP will issue a more comprehensive report to the French Government, host of the 21st Conference of the Parties (COP-21) of the United Nations Framework Convention on Climate Change (UNFCCC). The 2015 DDPP report will refine the analysis of the technical decarbonization potential, exploring options for even deeper decarbonization, but also better taking into account existing infrastructure stocks. At this stage, we have not yet looked in detail at the issue of the costs and benefits of mitigation actions, nor considered the question of who should pay for these costs. The 2015 DDPP report will take a broader perspective, and go beyond technical feasibility, to analyze in further detail how the twin objectives of development and deep decarbonization can be met through integrated approaches, identify national and international financial requirements, and map out policy frameworks for implementation. (p.vi-vii)

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Pour avoir une explication partielle de l’échec annoncée de la COP21, il semble utile de regarder l’état des travaux du DDPP sur 16 pays représentant environ 85% de l’activité économique mondiale et 75% des émissions, et en incluant les pays du BRICS. Je propose de le faire en regardant les sous-sections du court résumé exécutif publié en septembre; les rapports par pays sont également disponibles et je reviendrai plus bas sur celui pour le Canada. Les sous-sections se présentent sous forme de questions. (suite…)

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L’automobile en question: les cibles de réductions de GES dans les transports sont inatteignables

Une récente étude du Conference Board conclut qu’il n’y a pas moyen d’atteindre les réductions d’émissions de GES requises dans les transports sans un bouleversement dans nos mœurs en ce qui concerne les transports. Un rapport synthèse 2015 du Deep Decarbonization Pathways Project (DDPP) aboutit à la conclusion qu’en dépit de ses meilleurs efforts à date pour imaginer des trajectoires, dont la contribution des technologies dans l’ensemble des secteurs, il ne trouve pas suffisamment de réductions pour atteindre les cibles du GIÉC; le travail du DDPP pour le Canada, le DDPC, se trouve devant un défi irréaliste dans ses exigences … Il s’agit de contributions à la compréhension de l’échec prévisible de la COP21 et peut-être le début d’un processus qui met en question le rôle non seulement des combustibles fossiles mais également de l’auto dans nos sociétés. Un changement à cet égard risque d’avancer assez rapidement.

La Chine et l'automobile

Il était fascinant de lire (ce n’est pas toujours le cas…) trois récentes publications ayant des liens avec les préparatifs pour la COP21 à Paris à la fin du mois. D’une part, et discrètement – j’étais sur leur liste d’envoi pour les mises à jour et n’ai rien reçu, et des contacts avec les membres de l’équipe canadienne sont restés sans réponse – , le Deep Decarbonization Pathways Project (DDPP) a sorti en septembre le résumé exécutif du rapport 2015 promis pour le début de l’année (quelques jours donc après mon constat que non seulement ils étaient en retard avec la publication, et que leur site web n’était pas à jour, à toutes fins pratiques abandonné); le rapport pour le Canada a également été mis en ligne. (suite…)

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La dépossession a plusieurs visages

La déclaration de l’équipe de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) en 2009, dans le premier numéro de la revue en ligne Revue Vie Économique (RVÉ), donnait bien l’impression que les jeunes chercheurs du groupe saississaient bien les enjeux contemporains en termes d’orientations économiques. La question de limites y est associée explicitement, par ailleurs, aux enjeux écologiques.

Il est donc assez surprenant de voir un ensemble de ces chercheurs sous la direction de Simon Tremblay-Pepin, dans leur livre Dépossession : Une histoire économique du Québec contemporain publié en mars dernier, foncer dans un oubli frappant des enjeux écologiques qui s’imposent comme cadre pour n’importe quel ouvrage sérieux de nos jours. J’ai déjà commenté les quatre premiers chapitres (sur cinq) de ce livre (IRIS dans le moteur de recherche de ce blogue sortira les quatre articles), en soulignant, à travers une bonne présentation de la dégradation de la situation depuis plusieurs décennies, l’absence presque complet du portait du Québec qu’ils imaginent, un Québec aux «immenses ressources» dont elles veulent reprendre le pouvoir de gestion.

Source:  Living Planet Report, WWF, Zoological Society of London et Global Footprint Network (2006) . Même si les données datent de 2005, le portrait reste le même 10 ans plus tard, à quelques modifications près.

Un colloque pour revisiter le travail

L’IRIS a eu la bonne idée d’inviter un ensemble de commentateurs à participer à une journée de réflexion sur l’ouvrage, tenue le 12 novembre dernier. Il m’a invité à participer à un des quatre panels de la journée, en posant des questions pertinentes en fonction de mes commentaires du printemps. Ce deuxième temps d’arrêt sur le livre m’a frappé : comment cela se fait-il que l’équipe a pu faire autant de travail (i) sans identifier l’état des lieux qu’ils voulaient décrire? et (ii), dans un ouvrage portant sur les ressources naturelles, en négliger le portrait au point de ne pas voir les enjeux écologiques en cause? (suite…)

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À la recherche de la vie

Géo Plein Air hiver 2006La science me fascine depuis mon adolescence, et j’ai même gagné le prix en sciences de mon école secondaire (il y a donc longtemps…), avant de décider de poursuivre mes études au collège dans un programme d’études mettant l’accent sur l’ensemble des connaissances; cela passait par le contact direct avec les auteurs de la grande tradition de la culture européenne. Ma thèse de doctorat portait sur le travail de l’astronome Ptolomée de l’Égypte ancienne montrant deux façons d’expliquer la façon dont le soleil tourne autour de la terre…

Je regarde depuis longtemps le programme Découverte et d’autres programmes qui vulgarisent la science avec beaucoup d’intérêt, toujours fasciné par les merveilles de ce monde que la science réussit à pénétrer dans ses merveilleuses manifestations. Cela est en complément à une volonté permanente de me trouver physiquement dans cette nature merveilleuse. Il y a quelques semaines, je me trouvais en réaction, sans émerveillement, à une épisode de Découverte. Après deux épisodes sur le pétrole et son transport dans notre monde contemporain, reportages qui nous mettaient devant les enjeux qui dépassent les connaissances scientifiques pour aborder notre modèle de civilisation, je me trouvais devant les suites de l’inclusion de Julie Payette parmi les partenaires de l’émission.

Mars

Déjà Payette m’avait déstabilisé en insistant lors d’une émission des Années lumières pendant l’été sur son optimisme en matière de technologie face aux enjeux climatiques (je ne me rappelle pas de ses propos avec précision, ni de la date de l’émission). Ce qui m’a frappé en octobre était une épisode [1] couvrant le projet d’envoyer des humains sur Mars, cela possiblement d’ici une vingtaine d’années. Je me sentais en train de regarder de la science fiction.

Où mettre notre argent?

Cela fait longtemps que nous nous disons que l’argent dépensé pour nos programmes spatiaux, en dépit de leur énorme fascination dans l’imaginaire (voire, dans le concret, avec l’alunissage de 1969 et plusieurs autres exploits), pourrait être mieux consacré à sortir les humains de la pauvreté dans de nombreux endroits du monde. Nous disons la même chose des dépenses militaires, énormes. Dans les deux cas, nous savons en même temps que cette volonté n’aboutit pas et nous comprenons de plus en plus que l’élimination de la pauvreté et des inégalités viendra seulement d’un changement de modèle et que l’élimination des dépenses militaires …

Visionner l’épisode sur l’expédition à Mars m’a laissé avec une autre réaction que celle à l’effet que nous devrions mettre cet argent ailleurs. (suite…)

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