Un grand bond vers l’avant?

La publication récente du Manifeste pour un grand bond vers l’avant s’inscrit dans la lignée des promoteurs de l’économie verte. Ces initiateurs – en grande majorité du Canada anglais – représentent une population très sensibilisée aux enjeux environnementaux et sociaux qui marquent les objets d’interventions depuis des décennies, et qui sont probablement à leur plus fort niveau actuellement. Je respect beaucoup ces gens, j’en connais plusieurs, mais j’insiste que leur analyse est déficiente, ce que David Suzuki, au moins, devrait savoir en suivant ses interventions à Rio+20, entre autres.

Ce document était tout à fait prévisible, tout comme son contenu, et cela depuis assez longtemps. Comme pour le Manifeste pour un élan global, je crois qu’il s’y trouve une prétention qui n’est pas justifiée mais qui est fondamentale pour les signataires dans leur espoir pour une transition en douceur. Beaucoup trop de monde pense que «nous pourrions vivre dans un pays entièrement alimenté par des énergies réellement renouvelables et justes»; bon nombre d’articles sur ce blogue cherche à montrer que cela est une illusion, au Canada, et davantage si la préoccupation pour la justice va plus loin que le Canada…

Je suis intervenu sur le récent livre Tout peut changer de Naomi Klein, une des signataires dont je suis avec admiration la carrière depuis assez longtemps. Je suis également intervenu pour souligner les faiblesses des Dialogues pour un Canada vert, une des sources de ce nouveau manifeste. Dans les deux articles, j’essaie de présenter la nécessité d’un changement de discours et d’action plutôt qu’une accentuation de l’effort de porter pression suivant les grandes lignes des dernières décennies, voire des dernières années.

 

 

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1 commentaire.

  1. La sortie de ce manifeste coïncide avec le lancement au TIFF de Toronto du film de Stephen Lewis réalisé pendant la recherche du livre de Naomi Klein et portant sur le même sujet. Si j’étais cynique, je dirais que ce n’est qu’un coup de marketing pour une sortie d’un film visant à donner bonne conscience.

    Le contenu du manifeste m’a laissé sur ma faim. Je le trouve rose bonbon. Bien sûr que le système économique est en cause, que les programmes d’austérité sont parties prenantes des enjeux. Mais franchement, la situation inextricable dans laquelle l’on s’enfonce allègrement, ne sera pas résolue par l’installation d’éoliennes ou de panneaux photovoltaïques. Car comme le montre Philippe Bihouix dans « L’âge des low tech » (Seuil, 2014), le simple remplacement des sources d’énergies fossiles par des sources d’énergie renouvelable nécessite l’utilisation de quantité importante de ressources et d’énergie fossile pour les extraire et produire ces nouvelles sources, rendant difficilement rentable cette voie (le fameux TRE!). Il en va de même des autres lubies comme le remplacement du parc automobile par des voitures électriques. Bref, le maintien du mode de vie énergivore actuel des pays industriels est une chimère. Or, le manifeste n’ose pas aborder cette fatalité qui nous pend au bout du nez.

    Par contre, c’est certain que je vais vouloir voir le film de Lewis, pour nourrir mon argumentaire et tenter d’influencer mes proches. Il est fort probable qu’il sera plus intéressant que le film assez banal de Yan Arthus Bertrand pompeusement intitulé HUMAN qui fait défiler un cortège de gens, jouant sur parfois, avec raison, sur l’émotion, mais ne montrant aucun lien. Dans ce dernier film, la société n’existe pas, ce n’est qu’une collection d’individus, pour paraphraser Mme Thatcher. Le seul message étant qu’il faut plus d’amour! Comme René Dumont l’avait répondu à un étudiant un peu granola qui lui demandait si la cause des malheurs de l’humanité n’était pas le manque d’amour entre les humains, je dirai que cette formule a été essayée il y a plus de 2000 ans qu’elle n’a rien donné sinon plus de malheurs, question suivante SVP.

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