Notre incompréhensible empreinte

Lors de son émission à Radio-Canada le samedi 10 août, Boucar Diouf a lancé une série de questions à son jeune auditoire portant sur des gestes qu’il serait prêt à poser pour contribuer à la cause de la réduction des émissions de GES, Entre autres, il a demandé: Seriez-vous prêts à abandonner les voyages en avion? (Figure 1) Très peu de personnes dans l’auditoire, pourtant jeune et ayant probablement peu d’expériences avec des voyages en avion, ont répondu dans l’affirmative. La même question était posée pour l’émission du Téléjournal du dimanche 18 août, avec les mêmes réponses.

Figure 1. Pour beaucoup de gens (qui peuvent se le permettre) les voyages aux destinations soleil font partie de leurs comportements habituels, ici Parque nacional Jeannette Kawas, Tela, Honduras

La place de l’aviation civile dans nos vies

Pendant cette même période, l’émission Découverte de Radio-Canada faisait une série de trois reportages sur l’aviation civile (1, 2, 3), couvrant entre autres les technologies de construction des appareils de plus en plus grands, l’organisation derrière les 100 000 vols quotidiens dans le monde, la préparation des repas pour des millions de voyageurs, et les questions de sécurité.

Presque comme trame de fond revenaient régulièrement les projections pour les années 2030 où l’industrie s’attend à ce que l’activité soit le double d’aujourd’hui. La série se termine avec quelques réflexions sur le développement de l’aviation civile d’ici quelques décennies; l’émission avait déjà consacré deux ou trois reportages au Solar Impulse, avion expérimental entièrement solaire qui – de toute évidence – ne semble offrir aucune chance réaliste de représenter l’avenir (Figure 2).

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Figure 2. Une connaissance de la vie dans les pays pauvres, non toujours violents (ici, le marché à San Juan Comalapa, Guatemala), permet de mieux comprendre les enjeux.

Pendant les reportages de Découverte, il n’y avait aucune mention du défi des changements climatiques associés aux émissions de GES, pour lesquelles l’aviation est responsable d’environ 5%, seulement une sorte d’obéissance à la nécessité de rendre les appareils moins consommateurs de kérosène. Contexte pour moi dans ceci, le livre Heat: How to Stop the Planet Burning (2006) où l’auteur George Monbiot, journaliste du Guardian, cherche à voir les potentiels pour des réductions des émissions de GES dans les différents secteurs d’activité; il constatait un seul véritable échec dans sa recherche, justement dans le secteur de l’aviation, où il ne voyait pas de véritables pistes de solution.

L’incompréhensible défi personnel

Ce portrait général situe la plupart des options suggérées pour des actions concrètes de la part des individus face aux défis des changements climatiques. Certaines activités sont tellement inscrites dans les comportements sociaux, dans le fonctionnement normal des sociétés, que les interventions des individus s’avèrent finalement presque inutiles alors que des transformations radicales de ces sociétés semblent être la seule piste possible pour répondre aux défis. Je puis arrêter de prendre l’avion, abandonner l’auto, vendre la maison pour vivre dans une plus petite, etc. Si les gestes ne sont pas à l’échelle de la société, je ressens que cela ne changera rien.

La Terre transformée en fonction de l'empreinte écologique

Figure 3. Cette carte déformée de la Terre est faite en fonction de l’empreinte écologique de chaque pays. Il fait paraître clairement que le changement requis dans les pays riches, pour permettre aux pays pauvres de sortir de leur pauvreté, est presque inconcevable.

En même temps, à moins d’être vraiment déjà retiré de la société – très peu de monde – les actions suggérées nous rentrent directement dans le corps, dans notre mode de vie, même si de nombreux comportements, comme la mode VUS répondant à une priorité énoncée des manufacturiers, par exemple, ne se justifient d’aucune façon. George H. W. Bush pouvait bien sembler très égoïste en disant à Rio en 1992 qu’il ne fallait pas toucher au mode de vie américain en cherchant des solutions inscrites à l’ordre du jour de l’humanité lors de ce Sommet; nous réagissons presque de la même façon face aux options offertes par Diouf, par exemple.

Je me posais moi-même la question, ayant entre autres fait quatre voyages en Chine depuis dix ans, en plus d’un voyage en Amérique centrale l’an dernier. Je ne pouvais justifier mes voyages en Chine, même si l’objectif était de me donner des balises pour une meilleure compréhension de ce pays clé pour l’avenir de l’humanité. Quant au voyage en Amérique centrale, je retournais au Honduras, où j’ai eu un projet pendant six ans dans les années 1990, soutenu par l’ACDI et parrainé par Nature Québec, le voyage se faisait après plus de 20 ans d’absence; je voulais voir ce qui avait changé, ce qui ne le justifiait pas plus. C’est à noter que le projet au Honduras comportait deux voyages en avion par année pendant les six années…

Des enjeux de société

J’entends qu’un voyage aller-retour Montréal-Paris comporte l’émission d’autant de GES que l’utilisation d’une voiture (un VUS?…) pendant une année, et j’ai récemment entendu qu’une croisière d’une semaine – peut-être pas le quotidien pour la plupart des gens, même dans les pays riches – représente l’équivalent d’un vol Londres-Tokyo aller-retour… En fait, plus nous regardons notre vie quotidienne, plus nous avons de la difficulté à voir comment réduire sensiblement notre empreinte écologique, qui pourtant et de façon générale dépasse la capacité de support de la planète par trois ou quatre fois. Il est impossible de concevoir comment nous pourrions réduire cette empreinte à un niveau équitable pour toute l’humanité et adaptée à la vie sur cette terre avec ses 8 milliards d’autres humains (Figure 3).

Nous pouvons cesser de voyager en avion, cesser d’acheter des véhicules privés (pas juste des VUS…), cesser de manger de la viande. Dans l’ensemble, rien dans des changements de comportement de notre vie quotidienne n’aboutirait à une empreinte du niveau à cibler. Dans un tel contexte, il n’est pas surprenant que nos gouvernements, que nos sociétés riches n’arrivent pas à prendre les décisions nécessaires pour répondre aux appels du GIÉC pour des réductions massives dans nos émissions de GES.

C’est dans ce contexte que l’on doit situer la critique constante des gouvernements pour leur inaction face aux défis et à l’urgence. Les actions gouvernementales nécessaires iraient directement à l’encontre des comportements sociétaux et la volonté des gens de préserver leurs conforts. Elles seraient rejetées, même si les responsables gouvernementaux y pensaient, ce qu’ils ne sont presque pas capables de faire de toute façon.

L’effondrement?

Nous ne vivons pas un effondrement actuellement, en dépit des indications que les changements climatiques sont sur le bord d’être hors de contrôle, que les inégalités entre pays et entre populations sont soulignées par les immigrations qui deviennent massives, que l’approvisionnement en eau potable pour les grandes villes de la planète s’annonce de plus en plus problématique; ces thèmes dominent pourtant l’agenda et l’actualité. L’effondrement projeté par Halte à a croissance, que j’essaie de mettre à jour dans mon livre et dans ce blogue, n’en sera pas tout d’abord un dans ces grands secteurs de crise, mais surviendra plutôt de déstabilisations économiques associées à un approvisionnement déclinant en énergie qui est pourtant totalement nécessaire pour le système et dont l’utilisation est de plus en plus exagérée (voir la Figure 4). Encore une fois, et en dépit des préoccupations actuelles pour une possible récession économique dans le court ou le moyen terme, ces problèmes en cause dans l’actualité ne semblent pas être associés à une déstabilisation structurelle de l’économie, des économies.

HSBC projections

Figure 4. HSBC a fait en 2017 une analyse en profondeur de l’ensemble de la production mondiale de pétrole, pour aboutir à la conclusion qu’un déclin est imminent et presque inévitable; les graphiques (a. 81% des gisements sont en déclin; b. 64% des gisements sont en déclin) indiquent une baisse d’environ la moitié de la production actuelle, qui se situe à environ 91 millions de barils par jour (mbd). Il s’agit d’une sorte de mise à jour du graphique tiré des données de l’Agence internationale de l’énergie qui se trouve à la page 145 de mon livre.

Aux États-Unis, tout comme maintenant au Canada aussi, l’orgie de dépenses dans des résidences cossues et souvent secondaires, ainsi que dans des véhicules allant carrément à l’encontre de toutes les propositions pour des réductions importantes des émissions dans le secteur des transports, donne l’impression d’une sorte de déni, d’une dernière répudiation face à l’ensemble des crises qui sévissent. Nulle part il n’y a d’indications qu’il y a possibilité de changement structurel et radical dans l’approvisionnement en énergie, ce qui permet le fonctionnement de tout cela. Voir à cet égard un article récent dans La Presse+ où la journaliste interviewée se montre encore fixée sur la venue d’énergies renouvelables et d’interventions gouvernementales comme source de salut. On cible, à la place de ces pistes, les sachant illusoires, l’élimination des pailles de plastique.

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17 Commentaires

  1. Le pétrole tiré par fracturation de la roche-mère (Oil Shale) dont l’exploitation (surtout dans le bassin Permien) a rendu les USA de nouveau exportateurs de pétrole est une source dont la production sera plutôt ponctuelle à l’échelle humaine. En effet, il faut forer continuellement de nouveaux puits qui s’épuisent sur une année d’exploitation, de sorte que les compagnies s’étant lancées dans cette aventure ne couvrent même pas leurs frais, s’agitant comme la reine rouge du conte de Lewis Carroll. Bref, comme nous avons dépassé le pic de production pétrolière pour le pétrole conventionnel depuis 2006 selon certains, 2008 selon d’autres, et que celui-ci compte pour 75 % des approvisionnements alors que le quart restant possède un taux de rendement énergétique (« EROI » ou en français « TRE ») nettement inférieur, notre civilisation thermo-industrielle se dirige aveuglément vers une contraction énergétique, phénomène demeuré inconnu depuis l’aube de la révolution industrielle.

    Or qu’est-ce que l’énergie sinon la source première à toute transformation d’un système, celle-ci étant à la base même de toute activité économique et non pas un intrant naturel et quasi illimité comme le professe l’économie classique. Il faut donc s’attendre à ce que l’économie mondiale suive cette contraction des approvisionnements par une pénurie allant croissante, accentuée par un déclin du taux de rendement énergétique, bref un monde en décroissance économique. La moindre prudence serait de proposer la transition vers un monde de sobriété. Ce ne sont pas les énergies renouvelables qui pourront, même à l’échelle canadienne, suppléer. D’une part leur importance dans le cocktail énergétique demeure marginale, d’autre part leur TRE plutôt maigrichon — mis à part l’hydro-électricité, mais celle-ci compte pour moins de 18 % de l’électricité produite par l’ensemble des pays de l’OCDE — ne peuvent remplacer 85 % de l’énergie utilisée actuellement d’origine fossile avec la même abondance et la même efficacité. Le Québec, même riche de son hydro-électricité, ne pourra échapper aux conséquences économiques de la fin du pétrole facile tant il est dépendant d’un marché globalisé à l’échelle planétaire, que ce soit pour le transport et son approvisionnement en denrées et produits. Une crise économique généralisée à l’échelle mondiale le frappera donc de plein fouet comme partout ailleurs. Or c’est là que le bât blesse : bonne chance au politicien qui réussira à intéresser ses électeurs au virage nécessaire devant être pris pour éviter une succession de crises. Sur l’horizon de la prochaine décennie, l’on se dirige plutôt à un accroissement des inégalités, car si la sobriété n’est pas au rendez-vous, ce sera la pauvreté qui la remplacera forcément dans un monde en décroissance. Ainsi nous avons le choix entre un déclin planifié ou subi.

    Or, voyez-vous, je n’ai même pas encore parlé de l’impact sur notre environnement de l’utilisation des énergies fossiles grande responsable de l’accroissement des GES et du dérèglement climatique. Pourtant nous nous dirigeons vers un monde ou les écosystèmes dont dépend notre bien-être seront durablement affectés. Avec les engagements actuels (pour la plupart même pas respectés) de l’Accord de Paris lors de la COP 21, c’est une augmentation de la température moyenne sur Terre de 3 °C à 4 °C vers laquelle nous nous dirigeons. Aussi bien dire que des zones entières de la planète deviennent inhabitables, comme d’autres, impropres à la production alimentaire.

    Je doute que la démocratie demeure dans bon nombre de pays le vecteur le plus approprié pour faire face à ce dilemme (ou plutôt «predicament» pour utiliser un terme anglais plus approprié). Un politicien qui ne promet plus la croissance, mais la décroissance, à ses électeurs, risque de rencontrer bien des difficultés, surtout si, ayant été élu, il a pris acte de l’impossibilité de livrer ce qu’il avait précédemment promis à ses concitoyens. Aussi devrions-nous nous attendre à l’émergence de gouvernements populistes glissant immanquablement vers des régimes de plus en plus autoritaires et antagonistes ?

    C’est pourtant la question qui découle de ce constat.

    • Mathieu Levasseur

      Cette dynamique de glissement vers des régimes autoritaires est bien entamée et semble inéluctable. À ce titre, je suggère la lecture de « Fin de la démocratie » de Jean-Claude Kaufmann.

      Nous vivons de nombreuses crises imbriquées et il ne pourra y avoir de solutions aux multiples problèmes écologiques sans l’acceptation d’une nécessaire révision complète de notre mode de vie, des a prioris de notre époque basés sur l’illusion collective d’une croissance sans fin, d’un laisser-faire technologique et commercial total, même dans le cas avéré d’une inutilité ou de l’impact destructeur d’un produit ou d’un service, d’une liberté d’expression détournée par les trolls (c’était juste pour rire) et des fausses nouvelles, de la domination absolue des algorithmes qui dictent dorénavant un inventaire réduit d’alternatives aux individus.

      Comment amener le plus grand nombre à accepter la simple idée que notre mode de vie est une escroquerie destructrice? C’est tout un défi dans un monde où règne la dictature du «bonheur» par une consommation débridée et sans limites.

      Le seul angle sous laquelle j’arrive à déceler une possible porte de sortie, quoi qu’excessivement difficile à mettre en oeuvre, se trouve dans l’idée positive de conserver et de mettre en valeur ce qui peut encore être sauvé d’une nature mutilée sans relâche par notre espèce depuis déjà trop longtemps. Susciter ce désir de préserver la beauté du monde. Évidemment, la question demeure entière sur la faisabilité des actions nécessaires pour parvenir à cette fin. Personne ne veut détruire la nature, mais tout le monde le fait, certain plus que d’autres.

      Une chose est certaine, les nombreux constats et rapports sur l’état de détérioration de notre planète ne donnent pas les résultats escomptés. Au contraire, le commun des mortels me semble saturé de ce type d’information et préfère dorénavant soit nier l’évidence ou encore s’en préserver en argumentant que les impacts les plus importants de cet état de fait ne le concerneront guère de son vivant. Cette dernière position est, à mon avis, littéralement indéfendable et fait preuve d’un égoïsme absolu et assumé. Elle est toutefois le triste reflet de notre époque qui, collectivement, refuse de considérer les conséquences de son développement et de l’accumulation de ses connaissances. Nous savons que notre monde est voué à l’échec, mais nous refusons d’y croire et de s’adapter à cette évidence. Au contraire, l’accélération de la consommation et la fuite en avant dans notre folie collective ne rendront l’adaptation que plus difficile…

      • Merci pour cette référence que je vais lire avec intérêt. Pour ma part, je vous suggère de visionner à partir du temps 1:12:36 la leçon donnée en mai dernier devant les étudiants de l’École des Mines en France par Jean-Marc Jancovici, le spécialiste le plus terre à terre (c’est un polytechnicien) que je connaisse sur les questions d’énergie, d’économie et de climat https://youtu.be/PEY6LmscKc4

        • Raymond Lutz

          En effet, les présentations de Jancovici sont une référence. Pour en parcourir une qui se distingue des autres (l’auditoire n’est pas grand public), consulter la dernière communication du 4th Science and Energy Seminar at Ecole de Physique des Houches (March 2018)
          Cependant, il erre quelques fois, ou pèche par omission… À la question « deviendrons-nous tous paysans » https://youtu.be/2JH6TwaDYW4?t=6530 il répond que c’est inévitable (à long terme) et rajoute que les techniques agricole du 19e siècle ne permettraient pas de faire vivre la population mondiale actuelle de 7 milliards d’individus, en omettant de mentionner que l’agriculture mécanisée des années 1920 aux USA étaient sans pétrole mais pourtant extrêmement productive (motricité équestre).

    • C’est bien cela le portrait de la situation. Le Club de Rome a publié Halte à la croissance dans le cadre de son Project on the Predicament of Mankind…

    • C’est bien le portrait de la situation. Le Club de Rome a publié Halte à la croissance dans le cadre de son Project on the Predicament of Mankind….

  2. Paul Racicot

    Notre technosphère thermo-industrielle déclinera (ou s’effondrera) pour laisser place plus ou moins abruptement à… une civilisation agroalimentaire énergivore en huile de coude. 😉

    Notons que… non seulement les hydrocarbures fossiles s’épuisent – fournissant nombre de produits dérivés requis à la pharmaceutique, à l’agriculture intensive, à… -, mais aussi les ressources minérales… dont l’extraction requiert de plus en plus d’énergie en raison même de leur raréfaction : on fore d’abord les gisements les plus riches, puis on passe progressivement aux plus pauvres, aux moins rentables… jusqu’à ce que…

    Bref, les générations futures ne l’auront pas facile, ne l’auront pas tout cuit dans l’ bec !

    Je souhaite seulement que soient conservé un maximum de savoir-faire de la médecine, de la pharmaceutique et de leur ingénierie de soutien et d’innovation… quels que soient alors les types de régimes politiques en place : démocratie ou dictature, un mal de dent est toujours un foutu mal de dent. 😉

  3. Denis Desmeules

    Tristesse lucide, n’est-ce-pas ? Quelle bêtise tout ça ! Pendant ce temps, nos politiciens de tout acabit persistent à promettre mers et monde ! Même ceux qui parlent un peu d’environnement s’empressent à prétendre tout ça… en parlant de croissance économique.
    L’intelligence de la bête humaine voudrions nous comme sauveur ? Foutaise !
    Cupidité et chaos !

    Merci Harvey !

  4. Raymond Lutz

    Parlant d’huile de coude, pour remplacer les déplacements en avion je m’amusais à imaginer un vaisseau transatlantique qui serait mu à l’énergie mécanique humaine… Il y a 4000 passagers sur un bateau de croisière: on pourrait les faire pédaler! C’est la galère! Mais pourquoi flotter quand on peut voler sur l’eau? https://youtu.be/ONU9gkDnJ6Q

    Les déplacements seront plus longs, mais feront parti du voyage: on peut facilement imaginer un combo voile+motricité humaine (pour les diverses conditions en haute mer).

    Sur mer comme sur terre, un rapport plus sain au Temps sera rétabli… (perso je marche 35 minutes pour me rendre au cegep plutôt que d’y aller en vélo).

    Il y a aussi la réintroduction possible des dirigeables…

  5. paul bellehumeur

    Dans la meme veine que Raymond, j’avais deja pensé a faire un dirigeable mû a l’énergie humaine avec un système d’osmose inverse à piles solaires pour recycler l’urine et ainsi traverser les oceans dans le sens des vents principaux. Sans le recyclage d’urine. on pourrait déjà aller au centre-ville de Montreal le matin sans être gazé d’echappements. Ça m’était venu après avoir fait plusieurs étés de suite l’inventaire des 2000 postes informatiques d’un fabricant (aux abords de Mirabel) des vehicules les plus énergivores (non, pas les tanks, les autres). J’y étais accompagné d’un Americain d’origine allemande avec un gros drapeau americain tatoué sur le bras qui prenait un malin plaisir à ouvrir son notebook pour me montrer des photos de résistants afghans dont le visage avait été remplacé par un trou de 12 cm fait par des snipers avec leurs armes de 50 mm. Ça avait passablement monté mon indice de misanthropie qui etait déjà plutôt élevé après avoir passé des années de mon enfance à jouer dans la slag de mine qui commencait a 50 m derrière notre maison sur la rue La Salle à Noranda. Une bonne partie du cuivre des douilles de ces snipers devait provenir (après multiples recyclages) de la mine qui jetait son dioxide de soufre assaisonné de 80 tonnes de mercure par an à plusieurs centaines de km à la ronde. Noranda n’a rien à envier aux ocres de Mars.

    Donc, si on convertit les dépenses militaires (1,800 milliards US$/an) plus les aéronautiques (environ 20 milliards/an pour les avions + 7 millions de barils de kérosène par jour = 7 millions*100$*365.26 = 275 milliards US$/an) mondiales en permaculture, ça permet d’augmenter (à 100 US$/m²) la surface permacultivée de 20,750 km² par an, soit l’équivalent d’un désert de Gobi tous les 62.4 ans. Beaucoup de femmes ont déjà compris le bon sens, on devrait en parler au premier ministre Legault, mais pas sûr qu’il veuille fermer Air Transat tusuite; il a déjà beaucoup de peine à comprendre les bobos du glyphosate. Bonne nuit!

    • Raymond Lutz

      La bellicosité humaine fait bon ménage avec le capitalisme: « Avant on vendait des armes pour faire la guerre, maintenant on fait des guerres pour vendre des armes ».

  6. Raymond Lutz

    Manifester ou pas? J’utilise ce commentaire en aparté pour poser une question à la communauté du blog de M. Mead, les tristes lucides optimistes 😎

    Il y aura une réunion des profs de mon cégep ce jeudi pm pour déterminer si le 27 septembre on fait quelque chose… je cite: « Souhaitons-nous faire la grève le 27 septembre? Souhaitons-nous plutôt demander au Collège une levée de cours pour la tenue d’une journée institutionnelle, comme c’est le cas dans plusieurs autres collèges? Souhaitons-nous poser des actions lors de cette journée du 27 septembre? Voilà le genre de discussion que nous aurons. »

    Je vous pose la question: quels sont les arguments (simples) à présenter pour faire valoir que manifester ne sert pas à grand chose.

    J’ai tenté ce mince argument: « on a déjà marché pleins de fois et ça n’a pas fonctionné.  » J’ai été facilement contredit: « Cette fois-ci sera peut-être la bonne… » et mon interlocuteur de rajouter: « et marcher n’exclut pas d’autres actions ».

    Mal préparé, j’ai déclaré forfait… 😎

    J’ai l’air d’un collégien qui tente d’éviter de faire son devoir en allant à la pêche sur des forums internet… et c’est bien le cas!

  7. ginette comtois

    La solution est simple : que l humain cesse de se reproduire comme un pou …Pour ce que, biologiquement il apporte, ce ne sera pas une grosse perte pour la planète. Une seul enfant par couple va régler bien des problèmes de surconsommation, de déchets, de transport etc. Franchement, lâchons l’ orgueil du  » je veux me reproduire » La majorité des gens devrait se regarder dans un miroir avant de vouloir reproduire ce qu ils sont…

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