… comme une hache fend le bois – partie 1, la complexité de l’espoir

Je suis plutôt convaincu que Halte à la croissance dessine notre avenir à assez court terme, un avenir compliqué par d’autres aspects de la crise sociale, mais personne ne semble vouloir agir en ce sens. Dans une sorte de position de repli, je regarde les propositions touchant l’économie verte, justement fondées sur le rejet de Halte et sur l’idée que les énergies renouvelables nous permettront de maintenir notre système économique tout en protégeant nos écosystèmes planétaires; le travail de Greenpeace International avec des partenaires industriels des secteurs de l’éolien et du solaire semble assez clairement montrer qu’un effort à l’échelle mondiale en ce sens ne réglera pas nos problèmes, mais encore, cela ne semble rien changer dans les positions. Finalement, en abandonnant même l’idée qu’il nous faut mieux reconnaître les inégalités dans le monde, j’ai décidé de regarder de nouveau le manifeste Grand bond vers l’avant, où nous n’aurons qu’à nous occuper de nos propres affaires, laissant à d’autres celles des autres.

Stephen LewisJ’y étais amené en écoutant l’impressionnant discours de Stephen Lewis devant la convention du NPD le 9 avril dernier. Lewis y était aussi émouvant et impressionnant que d’habitude alors que le journaliste de CBC News Neil Macdonald le décrit comme quelqu’un qui «présente la vérité comme une hache fend le bois». (Thomas Mulcair, qui manifeste une certaine jalousie envers sa liberté d’expression et une hâte d’être rendu là, aura beaucoup à faire pour en avoir le charisme…)

Lewis a donné le ton en proposant de renoncer au contrat d’équipement militaire à l’Arabie saoudite en orientant des investissements promis pour les infrastructures pour compenser la perte de quelque 3000 emplois qui serait en cause. Face aux enjeux touchant l’exploitation des sables bitumineux, il était moins direct, mais s’est référé au manifeste Leap – Grand bond vers l’avant[1]. Ce manifeste esquisse les grandes lignes d’un programme qui s’offre comme réponse au défi des changements climatiques – et beaucoup plus. Le manifeste est peint en rose; Avi Lewis, fils de Stephen et un des initiateurs, le décrit comme signalant «un profond espoir». De mon coté, je voudrais le présenter en mettant en évidence les transformations sociales et économiques profondes qu’il propose. Je n’aborderai pour ce faire que les parties «techniques» touchant l’énergie, l’agriculture et le financement.

Les enjeux touchant l’énergie

Le manifeste se fonde sur plusieurs travaux formels. Tout d’abord, il se réfère à Dialogues pour un Canada vert, que j’ai déjà analyse dans ce blogue, qui suggère qu’il est possible pour le Canada d’éviter le réchauffement extrême; Dialogues se fie à une collaboration d’Ouranos pour deux simulations, dont une pour le RCP4.5 du GIÉC qui donne de l’espoir. Comme point de départ pour ce qui serait nécessaire, il propose que toute l’électricité canadienne soit produite à partir de sources renouvelables (ou du moins, basses en carbone) d’ici deux décennies. Il s’agit du seul objectif chiffré dans tout le document[2].

En complément à cette première composante du portrait, le manifeste est clair qu’il faut éviter toute construction de nouvelles infrastructures énergétiques pour l’exploitation des ressources fossiles, celles-ci compromettant les interventions pour des décennies; entre autres, il n’y aurait donc pas de nouveaux oléoducs et il n’y aurait pas d’expansion dans l’exploitation des sables bitumineux. Le manifeste a la grande qualité de mettre au clair ce qui est sous-entendu dans les débats à travers le Canada concernant ces infrastructures.

Face à la perte à moyen terme de peut-être 45000 (ou est-ce 25000?) emplois dans le secteur de l’exploitation des énergies fossiles (surtout en Alberta et en Saskatchewan), Lewis a noté que le secteur des énergies renouvelables est très créateur d’emplois et a suggéré implicitement qu’il faut faire une partie importante du «grand bond vers l’avant» dans ces provinces. Voilà une autre composante pour les travaux d’infrastructure prévus par le gouvernement canadien, soit la construction d’installations solaires et éoliennes en quantités massives permettant progressivement le remplacement des emplois actuels dans l’industrie de l’énergie fossile avec de nouveaux et différents. Pourquoi pas?

Si l’objectif du manifeste est de chercher à compenser des pertes d’emplois en présumant d’une croissance continue du secteur de l’énergie, typique des adhérents à l’économie verte, nous sommes devant un tout autre défi, alors que ceux déjà engagés sont majeurs. Par ailleurs, le secteur est actuellement en déclin en réaction au prix mondial du pétrole et le DDPC postule qu’il est possible que cela soit une situation permanente – sans impacts désastreux sur la situation au Canada, mais nécessairement sur l’Alberta, s’il n’y a pas d’approche compensatoire. En outre, le manifeste insiste sur la priorité à accorder aux autochtones pour les projets visant le développement de ces énergies propres, ce qui implique d’importantes conciliations face aux précédents engagements implicites.

Pour l’ensemble du défi énergétique d’ici 2050, le manifeste se fie à Jacobson et Delucchi, «Providing all global energy with wind, water, and solar power, Part I: Technologies, energy resources, quantities and areas of infrastructure, and materials et Part II: Reliability, system and transmission costs, and policies (2011). Ces auteurs proposent que toute l’énergie du monde pourrait être fournie par le vent, le solaire et l’hydroélectricité (wind, water and sunlight – WWS) d’ici 2050[3]; le travail représente une alternative aux propositions de Greenpeace International, qui ne cite pas ces travaux.

Le résumé de la Partie I:

Climate change, pollution, and energy insecurity are among the greatest problems of our time. Addressing them requires major changes in our energy infrastructure. Here, we analyze the feasibility of providing worldwide energy for all purposes (electric power, transportation, heating/cooling, etc.) from wind, water, and sunlight (WWS). In Part I, we discuss WWS energy system characteristics, current and future energy demand, availability of WWS resources, numbers of WWS devices, and area and material requirements. In Part II, we address variability, economics, and policy of WWS energy. We estimate that 3,800,000 5 MW wind turbines, 49,000 300 MW concentrated solar plants, 40,000 300 MW solar PV power plants, 1.7 billion 3 kW rooftop PV systems, 5350 100 MW geothermal power plants, 270 new 1300 MW hydroelectric power plants, 720,000 0.75 MW wave devices, and 490,000 1 MW tidal turbines can power a 2030 WWS world that uses electricity and electrolytic hydrogen for all purposes. Such a WWS infrastructure reduces world power demand by 30% and requires only 0.41% and 0.59% more of the world’s land for footprint and spacing, respectively. We suggest producing all new energy with WWS by 2030 and replacing the pre-existing energy by 2050. Barriers to the plan are primarily social and political, not technological or economic. The energy cost in a WWS world should be similar to that today.

Le résumé de la Partie II :

Here, we discuss methods of addressing the variability of WWS energy to ensure that power supply reliably matches demand (including interconnecting geographically dispersed resources, using hydroelectricity, using demand-response management, storing electric power on site, over-sizing peak generation capacity and producing hydrogen with the excess, storing electric power in vehicle batteries, and forecasting weather to project energy supplies), the economics of WWS generation and transmission, the economics of WWS use in transportation, and policy measures needed to enhance the viability of a WWS system. We find that the cost of energy in a 100% WWS will be similar to the cost today. We conclude that barriers to a 100% conversion to WWS power worldwide are primarily social and political, not technological or even economic.

Leur tableau 4 (1160) fournit le calcul mondial pour l’offre en 2030, mais ils ne fournissent pas explicitement les bases du calcul. Il s’agit de projections de l’EIA (Energy Information Administration) des États-Unis pour les besoins (tableau 2), et d’analyses des potentiels des différentes technologies pour l’offre, suivant le tableau 3 (1159). Il faudrait passer par plusieurs démarches pour obtenir la demande canadienne en 2030, mais on peut présumer que ce serait majeur. Le travail présume comme Greenpeace International le maintien des tendances actuelles et maintiendrait ainsi les inégalités en termes d’accès à l’énergie; à titre d’exemple, les États-Unis utiliseraient entre 16% et 18% de toute la production mondiale en 2030.

Jacobson et Delucchi calculent la superficie terrestre nécessaire pour les emplacements pour ces équipements, et insistent qu’ils ont adopté une approche qui prend en compte un ensemble d’impacts environnementaux avec l’objectif de les minimiser en fonction des technologies en cause (1155). Ils abordent explicitement et en détail – l’absence de ceci était un défaut fondamental du travail de Greenpeace International – la question des ressources requises pour leur fabrication dans la section 5 de la partie I.

L’agriculture au Canada

Le manifeste aborde également la question de l’agriculture et semble suggèrer de la transformer en agriculture paysanne.

Le passage à un système agricole beaucoup plus local et axé sur des impératifs écologiques réduirait notre dépendance aux carburants fossiles, favoriserait la capture du carbone dans le sol, et aiderait à traverser les moments difficiles dans l’approvisionnement mondial, en plus de produire une nourriture plus saine et abordable pour tout le monde.

Il s’agit d’un élément de plateforme obligatoire, même si, dans ce cas, il n’y a pas de références fournies et l’intervention semble cibler surtout le défi climatique; comme pour l’énergie, il y a une multitude de sources pour une telle approche. Un ensemble de réflexions sur les perturbations sociales occasionnées par l’agriculture industrielle depuis des décennies y va directement.

Par ailleurs, ce qui est en cause est un élément assez important de la correction du PIB fourni par l’IPV: les externalités environnementales et sociales de notre forme d’agriculture sont telles qu’il est assez convaincant que la meilleure approche est justement son abandon. Les propos du manifeste restent néanmoins beaucoup trop limités pour en saisir les implications, et celles-ci pourraient être énormes. Il s’agit assez clairement du rejet de l’agriculture industrielle à grand déploiement pour favoriser une agriculture paysanne. À l’échelle des prairies, ou de l’Ontario, une telle proposition comporterait une transformation radicale de l’économie et de la société, avec des conséquences plutôt difficiles à évaluer. La proposition vise néanmoins clairement des actions en ce sens.

Le manifeste fait intervenir aussi des ajustements pour les individus. Prétendre que les aliments seraient plus abordables dans un tel système, par exemple, est probablement lié à l’idée, entre autres, que nous allons arrêter les importations d’aliments exotiques. Cela représenterait un changement de comportement très important et aurait des impacts sur le secteur agroalimentaire tout comme sur la population.

Au Québec, la proposition revient assez directement aux efforts de l’Union paysanne de concurrencer et, finalement, remplacer, l’UPA. Encore une fois, cela représente une transformation profonde du paysage, littéralement et figurativement, en ciblant la production porcine et les cultures de maïs et de soya, et probablement la production laitière. Il s’agit d’interventions touchant une majorité des activités agricoles dans la province.

Et le financement de tout cela

Le manifeste Grand bond vers l’avant nous réfère, pour soutenir sa faisabilité, à un document du Canadian Center for Policy Alternatives (CCPA) écrit par Bruce Campbell, Seth Klein et Marc Lee. Les principaux éléments sont assez bien connus, et reviennent régulièrement:

  • Mettre fin aux subventions versées à l’industrie des combustibles fossiles permettrait au gouvernement fédéral de récupérer environ 350 millions de dollars par année (et plus encore si les gouvernements provinciaux emboîtaient le pas).
  • Créer une taxe nationale sur les transactions financières pourrait générer 5 milliards de dollars par année.
  • Mettre fin au traitement fiscal spécial pour le revenu tiré de gains en capital permettrait de récupérer 7,5 milliards de dollars par année (et plus pour les gouvernements provinciaux).
  • Rétablir le taux d’imposition des sociétés au niveau de 2006 pourrait générer 6 milliards de dollars par année.
  • S’attaquer aux paradis fiscaux permettrait de récupérer 2 milliards de dollars par année
  • Établir une nouvelle fourchette d’imposition de revenu fédérale aux ménages à revenu plus élevé que 250 000 $ pourrait générer environ 3,5 milliards de dollars par année.
  • Réduire les dépenses militaires au niveau d’avant le 11 septembre permettrait d’épargner entre 1 et 1,5 milliard de dollars par année.
  • Éliminer la nouvelle mesure de fractionnement du revenu et les autres réductions d’impôt pour les familles ayant des enfants permettrait de récupérer 7 milliards de dollars par année.
  • Établir une taxe nationale sur le carbone d’à peine 30 $/tonne (même niveau que la taxe sur le carbone actuelle de la C.-B.) permettrait de générer 16 milliards de dollars par année.

Un des auteurs du document, Marc Lee, dans son rapport “Fair and Effective Carbon Pricing”, a quantifié la dernière proposition et aboutit à une taxe sur le carbone pour la Colombie Britannique qui monte à $200 la tonne.

D’autres documents produits par le CCPA peuvent être consultés dans le cadre de son initiative sur la justice climatique. Le manifeste implique une source dans le budget alternatif du CCPA pour cet ensemble de propositions; ce budget est produit chaque année mais est fondé sur une économie en croissance à l’image de celle critiquée. Le manifeste reste ainsi dans le portrait peint en rose, avec l’hypothèse de base du CCPA que les importantes interventions dans l’économie et dans la structure financière gouvernementale ne comportent pas une mise en cause de celles-ci.

Tout ce qui en découle présume donc d’une conviction que l’économie verte est possible, et qu’elle est en effet une croissance verte. Je suggère des problèmes avec cette conviction depuis longtemps maintenant, et je n’ai pas encore vu un semblant de réponse à mes différentes interventions, dont celles sur mon blogue. Le calcul de l’IPV pour le Québec suggère que le PIB surévalue l’activité économique par les trois quarts lorsque l’on en soustrait les coûts de ses externalités. Cela plombe en principe les projections de croissance, et assez rapidement aboutit aux constats de crises dans différents secteurs de la société, si non de l’économie.Couverture Monitor

The Monitor, le bulletin bi-mensuel du CCPA, n’adhère pas toujours et traditionnellement à ses hypothèses de l’organisme parent, et fournit souvent d’intéressantes perspectives complémentaires.  Dans le numéro de janvier-février 2016, l’éditorial “Not Working” passe proche de la déprime en soulignant la difficulté de voir l’alternative à l’économie actuelle et en voyant les tendances qui minent l’ensemble des hypothèses du manifeste, y compris un constat d’échec (ou presque) de la COP21. S’y trouve spécifiquement sur ce sujet un article de Marc Lee.

Jacobson et Delucchi suggèrent dans la partie II de leur travail que les coûts projetés des nouvelles énergies, y compris pour leurs besoins en entreposage et en réseautage, sembleraient moindres que ceux des projections pour les énergies fossiles. Il est toutefois impossible de calculer les coûts de l’ensemble des transformations proposées par le manifeste Grand bond vers l’avant, de ces bouleversements, et il est donc plutôt difficile de voir comment les nouveaux revenus gouvernementaux proposés pourraient servir.

Retour à Stephen Lewis

Le manifeste était conçu pour influencer la campagne électorale de l’automne dernier et ensuite le positionnement du Canada à la COP221. Il n’a pas influencé la campagne, et les constats de Stephen Lewis lors de la convention du NPD étaient à l’effet que la COP21 était un échec sérieux, même si le manifeste Grand bond vers l’avant représentait toujours de l’espoir. Pour Lewis (comme pour moi), nous devons justement aller plus loin (et immédiatement, pour suivre le manifeste et le DDPC). Lewis prétend pourtant que les travaux pour un plan d’action canadien dans le respect de l’Accord de Paris ne seront qu’«une charade». Cette série d’échecs – le dernier à confirmer d’ici quelques mois – implique qu’il faut un Plan B pour le manifeste, et cela ne s’intègre pas très bien dans le ton peint en rose qui le caractérise.

À suivre dans le prochain article.

 

 

[1] On doit noter que la version française ajoute à la référence au Canada dans le sous-titre de la version anglaise «et le Québec» – assez curieux.

[2] Dialogues ne présente en fait qu’une synthèse intéressante et englobante d’un ensemble de connaissances qui existent depuis des années, voire des décennies, en lien avec des objectifs d’une société soutenable et plus égalitaire. L’initiative regroupe 70 checheurs universitaires qui ont contribué à la rédaction ou à la révision du document, mais il ne semble pas y avoir aucune recherche nouvelle. Il est particulièrement déroutant de n’y trouver pas de données pouvant indiquer, par exemple, ce qui serait nécessaire comme actions concrètes. Une référence pour l’objectif en matière d’électricité mentionne le travail du DDPC, mais non pas pour l’ensemble de celui-ci.

Dialogues propose une série de dix grandes orientations dont le traitement reste presque toujours dans le flou, l’initiative ayant vraisemblablement l’objectif principal de pousser le gouvernement canadien à faire les calculs qui s’imposent, et ensuite à prendre les décisions qui en découlent:

1: établir un prix sur le carbone; 2: Inclure des objectifs audacieux de production d’électricité à faibles émissions de GES dans les plans d’actions climatiques du gouvernement fédéral et des gouvernements provinciaux; 3: Intégrer le secteur de la production pétrolière et gazière dans les politiques climatiques; 4: Adopter une politique énergétique à multiples niveaux ayant comme éléments centraux l’efficacité énergétique et la coopération en matière d’électrification; 5: Adopter rapidement des stratégies de transport à faibles émissions de GES dans l            ’ensemble du Canada; 6: Intégrer l’aménagement du paysage dans les politiques de planification des             infrastructures, d’utilisation des terres, de transport et d’énergie; 7: Soutenir la transformation du secteur du bâtiment en un secteur neutre en carbone ou même au bilan carbone positif; 8: Protéger la biodiversité et la qualité de l’eau durant la transition vers une société viable et sobre en carbone, tout en visant une approche nette positive; 9: Soutenir les pratiques viables de pêches, de foresterie et d’agriculture la réduction des émissions de GES, la séquestration du carbone, la protection de la diversité biologique et de la qualité de l’eau; 10: Faciliter la transition vers une société viable et sobre en carbone par l’établissement des institutions adéquates ouvertes à la participation citoyenne. 

[3] Cette référence reste donc à un niveau très général, et le document ne cherche pas à calculer ce qui serait requis au Canada pour réaliser ce qui serait en cause. Jacobson et Delucchi proposent que toute la nouvelle énergie requise d’ici 2030 pourra être produite par WWS (wind, water, sunshine) en éliminant le charbon, même avec CCS, et (comme Greenpeace International) le nucléaire; ils présument une importante croissance démographique et économique sur le long terme mais proposent (leur Table 2 dans la partie I) que la demande finale en énergie venant du WWS serait réduite du tiers (ils disent 30%) par rapport aux projections pour l’énergie (surtout) fossile en 2030; ce serait encore une augmentation en termes absolus, mais les chiffres de départ ne sont pas fournis. Leur Table 3 indiquent une capacité de production de WWS beaucoup supérieure à la demande prévue.

 

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3 Commentaires

  1. micheline healy

    L’article est d’autant pertinent que justement je m’apprêtais à prendre connaissance du « leap manifesto »
    Votre analyse est très éclairante et rejoint tout à fait mes préoccupations à l’effet que précisément :

    Soutenir la croissance est tout simplement insoutenable!

    Oui pour un temps, on peut envisager une croissance de « l’économie verte » qui soit positive et durable et certainement plus souhaitable que de nous enfoncer dans l’exploitation tout azimuts et à tout prix des énergies fossiles.

    Cependant, le problème de la croissance obligatoire et sans limites est liée au fonctionnement même du système monétaire. Cet aspect n’est pratiquement jamais abordé. Or, tant que les vices structurels de ce système ne seront pas reconnus par la majorité des gens, nous continuerons d’être des complices ou des courroies de transmission de cette croissance sans limites par notre dépendance au travail et à la consommation ou à cause du profit et du pouvoir dont on bénéficie.

    Pour que ce concept puisse être vulgarisé, je vous réfère à une fable de Bernard Lietaer. Bien que simpliste, la fable permet de rejoindre les gens ordinaires et pas seulement les intellectuels. De plus la fable permet de retourner à l’auteur qui lui, propose des solutions réelles pouvant amener un réel progrès sans cette croissance destructrice dans laquelle nous sommes enlisés.
    titre: la onzième rondelle (en anglais: The Eleventh Round)

    Par son parcours professionnel et académique, Bernard Lietaer possède toute la crédibilité nécessaire pour amorcer une réforme en profondeur d’un système monétaire qui n’est plus adapté aux réalités du 21e siècle (tout autant que les énergies fossiles).

    Bernard Lietaer est l’un des architectes originels de l’ECU, le mécanisme qui a mené à la monnaie unique européenne. Il est l’auteur de l’ouvrage Of Human Wealth : beyond Greed and Scarcity et de l’ouvrage The Future of Money (2001), qui a été traduit en dix-huit langues. Il a été actif dans le domaine des systèmes monétaires depuis vingt-cinq ans dans une variété inhabituelle de fonctions. Il a dirigé les départements d’organisation et d’informatique de la Banque Nationale de Belgique (la Banque Centrale) où son premier projet fut de concevoir et de mettre en place le système de l’Ecu, la monnaie unique européenne, qui a donné naissance a l’Euro. Il a été président du système de Paiement Electronique Belge et a développé pour des multinationales des technologies destinées à gérer des environnements monétaires multiples. Il a aidé des pays en voie de développement à optimiser leurs revenus en monnaies dures; et a enseigné la finance internationale à l’Université de Louvain-la-NeuveIl a enseigné dans plusieurs universités américaines.

  2. Votre idée que nous pouvons envisager une croissance verte positive et durable pour un certain temps encore me paraît dépassée maintenant. C’était ce que nous espérions des suites de la Commission Brundtland il y a 25 ans, mais cela n’a pas fonctionné: l’ensemble de crises qui sévissent, avec urgence comme mode d’emploi pour leur «gestion», suggère que c’est déjà le temps d’arrêter. Il faudrait au moins que vous indiquiez jusque quand cela pourrait aller, et selon quels critères…

    À voir quand j’aurai accès à la fable de Lietaer que vous mentionnez sans indiquer ce qu’elle suggère!

  3. Raymond Lutz

    J’ai parcouru rapidement la fable de la 11e rondelle et n’en suis pas satisfait. Oui, il importe d’éduquer les profanes (j’en suis) sur la question monétaire, mais que leur dire? Même les experts n’y saisissent pas grand chose: nombre d’entre eux avaient crié que le vaste programme d’assouplissement qualitatif de la FED (quantitative easing, QE) allait déclencher une spirale inflationniste. Il n’en est rien.

    La question de la monnaie est importante (et pertinente aux mécanismes modernes d’asservissement économiques et sociaux) mais pas centrale au problème de l’épuisement des ressources (matières premières ET énergie).

    Mais comme on dit, « toutt est dans toutt… »: la pollution globale est liée au système ploutocratique du capitalisme financiarisé.

    https://www.youtube.com/watch?v=PetwfxkqDZY (Pour Kempf)

    http://rooseveltinstitute.org/defining-financialization/ (pour une tentative de définir la financiarisation de l’économie, en 37 pages!)

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  1. Pétrole: de vieilles traditions qui ne fonctionnent plus – Enjeux énergies et environnement - […] les efforts pour mettre en oeuvre les engagements du gouvernement avec l’Accord de Paris, une «charade» telle que Steven Lewis l’appelait…

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