Le sens du besoin d’un changement de paradigme – absent

L’absence d’une vision des changements de modèle (ou de paradigme) qui s’impose se manifeste de façon presque quotidienne. Quelques interventions récentes permettent de faire ce point, même si ce n’est pas nouveau… J’y laisse quelques extraits pour fournir de leur contenu.

La récession permanente hante toujours

Gail Tverberg s’est récemment penchée sur les maux de tête que l’économie donne actuellement aux grands stratèges (dont le Fonds monétaire international – FMI), avec un bon résumé de la situation en cause:

We have been hearing a great deal about IMF concerns recently, after the release of its October 2016 World Economic Outlook and its Annual Meeting October 7-9. The concerns mentioned include the following:

  • T[here] is too much growth in debt, with China particularly mentioned as a problem.
  • World economic growth seems to have slowed on a long-term basis.
  • Central bank intervention [is] required to produce artificially low interest rates, to produce even this low growth.
  • Global international trade is no longer growing rapidly.
  • Economic stagnation could lead to protectionist calls.
Stylized Minsky Cycle (source Wikipedia via Tverberg)

Stylized Minsky Cycle (source Wikipedia via Tverberg)

Elle suggère qu’une analyse de la situation exige une prise en compte de plusieurs des thèmes qu’elle développe dans son blogue:

It takes energy to make goods and services. It takes an increasing amount of energy consumption to create a growing amount of goods and services – in other words, growing GDP. This energy must be inexpensive, if it is to operate in the historical way: the economy produces good productivity growth; this productivity growth translates to wage growth; and debt levels can stay within reasonable bounds as growth occurs.

    • We can’t keep producing cheap energy because what “runs out” is cheap-to-extract energy. We extract this cheap-to-extract energy first, forcing us to move on to expensive-to-extract energy.
    • Eventually, we run into the problem of energy prices falling below the cost of production because of affordability issues. The wages of non-elite workers don’t keep up with the rising cost of extraction.
    • Governments can try to cover up the problem with more debt at ever-lower interest rates, but eventually this doesn’t work either.
    • Instead of producing higher commodity prices, the system tends to produce asset bubbles.
    • Eventually, the system must collapse due to growing inefficiencies of the system. The result is likely to look much like a “Minsky Moment,” with a collapse in asset prices.

The collapse in assets prices will lead to debt defaults, bank failures, and a lack of new loans. With fewer new loans, there will be a further decrease in demand. As a result, energy and other commodity prices can be expected to fall to new lows.

Et sa conclusion :

Once we understand the reason for our low-price problem – diminishing returns and the economy’s tie to the use of energy – it is clear that there is no way out of the problem over the longer term.

In the not-too-distant future, our low commodity price problem is likely to become a low asset price problem. Once this happens, we will have a huge debt default problem. It will also become harder to obtain new loans, because defaults on existing loans will have an adverse impact on the ability of banks to make new loans. Interest rates required by bond markets are likely to spike as well.

The lack of new loans will tend to depress demand further, because without new loans it is difficult to buy high-priced goods such as cars, homes, and factories. As a result, in the long run, we can expect lower commodity prices, not higher commodity prices. Oil prices may ultimately fall below $20 per barrel.

Ceci se résume par la prévision d’une «récession permanente»…

Revolution…Now

Il est intéressant de comparer cette réflexion avec celle du Département d’énergie américain (DOE), qui a publié un rapport en septembre intitulé Revolution…NowThe Guardian semble mener le bal dans sa couverture de ce rapport en revenant sur des avances intéressantes dans le déploiement des énergies renouvelables. Ce qui est important, l’article souligne, se trouve dans son titre, «DOE charts show why climate doom and gloom isn’t needed»:

It’s important to acknowledge the progress that’s being made, and retain a sense of hope and optimism that we can still avoid the worst climate consequences. This new DOE report highlights the fact that clean energy technology is quickly moving in the right direction, toward lower costs and higher deployment. 

Le ton du document lui-même suggère plutôt le même état d’esprit que celui du FMI, une préoccupation pour ce qui ne va pas bien, et une détermination de rester optimiste tout en reconnaissant que les progrès réalisés sont insuffisants. Point de départ pour la présentation, une décision de ne pas présenter le cadre pour une évaluation appropriée des «progrès» qui vient de l’Accord de Paris. Cet Accord a été signé par presque 200 pays, dont les plus dépourvus ne vont pas accepter de voir les pays riches continuer à évoluer avec leur dépendance énorme sur l’énergie globale.

J’ai déjà souligné l’importance du travail de Gignac et Matthews sur le budget carbone et la nécessité de cibler une convergence parmi l’ensemble des pays dans le cadre d’une limite en termes absolus des émissions qui donnerait une chance d’éviter les conséquences d’un réchauffement climatique hors de contrôle. Une figure fournit le portrait des défis, avec une baisse dramatique des émissions (et de la consommation d’énergie, doit-0n ajouter, pour une grande partie de la solution) dans les pays riches:

matthews-fig-1

Figure 1. Regional allocation of cumulative CO2 emissions following a linear emissions decrease to zero (left) and the RCP 2.6 global emission scenario (right). Per capita convergence occurs at the year 2035, and total cumulative emissions after 2013 are equal to 1000 Gt CO2 for both scenarios.

À la lecture du rapport du DOE, en tenant compte du budget carbone et de son allocation, il n’y a aucune raison de maintenir une attitude positive et de rejeter la préoccupation face à la situation (contrairement au titre de l’article du Guardian). Et le rapport lui-même ne représente tout simplement pas une «révolution», comme ses auteurs voudraient croire. Les intéressants progrès en matière de réduction d’émissions et de déploiement d’énergies renouvelables que le rapport présente n’arrive tout simplement pas proche de ce qui est requis, soit une réduction des émissions per capita de plus de 75% pour les États-Unis, cela pour 2035.

The DOE envisions wind generating 20% of the nation’s electricity by 2030 and 35% by 2050, with costs falling a further 35% by 2050. The DOE envisions that solar power could supply 27% of US electricity generation by 2050. 

Bref, en 2050, environ 60% de l’électricité serait renouvelable, et 40% venant du charbon ou du gaz (un peu du nucléaire et de l’hydro) – et cela n’aborde pas la question des transports et du pétrole, même s’il est question de la véhicule électrique dans le rapport. Toute la réflexion se fait donc sans un effort de préciser la situation décrite, en termes de conséquences pour l’avenir, et présente ce faisant l’échec chiffré de l’économie verte.

La convergence

La sorte d’analyse du DOE se fait dans un cadre national et les «progrès» se dirigent vers une situation où les pays riches comme les États-Unis risquent fort de devenir des «îles fortifiées» en essayant de maintenir leurs activités en fonction d’une production d’énergie nationale, dans la mesure du possible renouvelable, qui ne rencontre pas les exigences de l’Accord de Paris. On doit donc reconnaître une orientation qui fait abstraction de l’Accord tout comme de problématiques internationales liées aux inégalités, entre autres.

En outre, et même si on laisse tomber les préoccupations morales (et de politique internationale), l’analyse laisse de coté quand même les ressources et l’énergie nécessaires pour un déploiement à grande échelle de ces énergies renouvelables. Celles-ci sont énormes et comportent une dépendance souvent oubliée dans cet esprit de forteresse envers un approvisionnement venant de l’extérieur; entre autres, il s’agit d’importantes quantités d’énergie fossile nécessaire pour le déploiement, du moins dans les prochaines décennies.

Le tout se fait dans le cadre pris comme normal et inévitable, que la croissance économique va se maintenir et comportera des extrapolations presque folles pour l’ensemble des facteurs en cause, dont pour de nombreux pays d’une croissance démographique importante. J’ai déjà abordé la question, avec l’analyse du rapport de Greenpeace International sur le potentiel sur le plan mondial d’une transition vers une énergie complètement renouvelable d’ici 2050, dans l’esprit du document du DOE, avec un graphique plutôt déroutant tiré des données du rapport:

Les pays du groupe de «gloutons» qui compteront environ 2 milliards de personnes en 2050 auront réduit de façon importante quand même leur consommation d’énergie per capita par rapport à 2012; les pays de l’Europe de l’Est et de l’Eurasie, comme les pays du Moyen Orient, connaîtront une moins grande réduction, et reste dans le groupe de gloutons en 2050. Dans le deuxième groupe de pays toujours pauvres après presque 40 ans de croissance économique mondiale se trouvent l’Inde et l’Afrique qui, avec les pays de l’Amérique latine et de l’Asie autre, ont une population projetée en 2050 de 6 milliards de personnes. La Chine réussit à se tailler une place entre les deux. La lutte aux changements climatiques à la faveur des énergies renouvelables «réussit» mais laisse près des deux tiers de l’humanité dans la dèche. (divisions de l’auteur)

Les pays du groupe de «gloutons» qui compteront environ 2 milliards de personnes en 2050 auront réduit de façon importante quand même leur consommation d’énergie per capita par rapport à 2012; les pays de l’Europe de l’Est et de l’Eurasie, comme les pays du Moyen Orient, connaîtront une moins grande réduction, et reste dans le groupe de gloutons en 2050. Dans le deuxième groupe de pays toujours pauvres après presque 40 ans de croissance économique mondiale se trouvent l’Inde et l’Afrique qui, avec les pays de l’Amérique latine et de l’Asie autre, ont une population projetée en 2050 de 6 milliards de personnes. La Chine réussit à se tailler une place entre les deux. La lutte aux changements climatiques à la faveur des énergies renouvelables «réussit» mais laisse près des deux tiers de l’humanité dans la dèche. (divisions de l’auteur)

Dans l’Introduction du document, une curieuse note ouvre la réflexion sur ce qui ne sera pas une priorité dans le document, en dépit de plusieurs références à la volonté de cibler une «convergence» dans l’accès à l’énergie:

Between 2005 and the end of 2014 over 496,000 MW of new solar and wind power plants have been installed – equal to the total capacity of all coal and gas power plants in Europe! In addition 286,000 MW of hydro- , biomass- , concentrated solar- and geothermal power plants have been installed, totaling 783,000 MW of new renewable power generation connected to the grid in the past decade – enough to supply the current electricity demand of India and Africa combined. (p.8, mes italiques)

On note, tout de suite après ce paragraphe, que pendant la décennie en cause, la capacité des centrales au charbon installées était l’équivalente à celle des énergies renouvelables. Beaucoup plus frappant, c’est à peine que le document reconnaît le fait que l’Inde et l’Afrique ensemble représentent probablement un milliard d’êtres humains qui n’ont même pas de l’électricité en 2015; à la page 32, il note – pour la seule fois dans le document, je crois – qu’il y a 1,3 milliards d’humains sans électricité, et 2,6 milliards avec un chauffage et une cuisson rudimentaires.

Les auteurs du récent rapport du DOE semble conscients des limites des progrès qu’ils décrivent, le ton de leur texte restant partout modeste, présumément en reconnaissance du fait que ces progrès représenteraient l’échec de l’effort de mettre en œuvre l’Accord de Paris, avec une convergence et une réduction dramatique et à court terme des émissions d’ici 2035.

Croissance, extraction et dépendance

En commentant la convention du NPD et le manifeste Grand bond vers l’avant en avril dernier, je suis retourné à ce type de réflexion. Pour l’ensemble du défi énergétique d’ici 2050, le manifeste se fie à Jacobson et Delucchi, «Providing all global energy with wind, water, and solar power, Part I: Technologies, energy resources, quantities and areas of infrastructure, and materials et Part II: Reliability, system and transmission costs, and policies (2011). Ces auteurs proposent que toute l’énergie du monde pourrait être fournie par le vent, le solaire et l’hydroélectricité (wind, water and sunlight – WWS) d’ici 2050; le travail représente une alternative aux propositions de Greenpeace International, qui ne cite pas ces travaux.

Le document met en perspective mondiale le travail du DOE, et mérite citation. Le résumé de la Partie I:

Climate change, pollution, and energy insecurity are among the greatest problems of our time. Addressing them requires major changes in our energy infrastructure. Here, we analyze the feasibility of providing worldwide energy for all purposes (electric power, transportation, heating/cooling, etc.) from wind, water, and sunlight (WWS). In Part I, we discuss WWS energy system characteristics, current and future energy demand, availability of WWS resources, numbers of WWS devices, and area and material requirements. In Part II, we address variability, economics, and policy of WWS energy. We estimate that 3,800,000 5 MW wind turbines, 49,000 300 MW concentrated solar plants, 40,000 300 MW solar PV power plants, 1.7 billion 3 kW rooftop PVsystems, 5350 100 MW geothermal power plants, 270 new 1300 MW hydroelectric power plants, 720,000 0.75 MW wave devices, and 490,000 1 MW tidal turbines can power a 2030 WWS world that uses electricity and electrolytic hydrogen for all purposes. Such a WWS infrastructure reduces world power demand by 30% and requires only 0.41% and 0.59% more of the world’s land for footprint and spacing, respectively. We suggest producing all new energy with WWS by 2030 and replacing the pre-existing energy by 2050. Barriers to the plan are primarily social and political, not technological or economic. The energy cost in a WWS world should be similar to that today.

Le résumé de la Partie II :

Here, we discuss methods of addressing the variability of WWS energy to ensure that power supply reliably matches demand (including interconnecting geographically dispersed resources, using hydroelectricity, using demand-response management, storing electric power on site, over-sizing peak generation capacity and producing hydrogen with the excess, storing electric power in vehicle batteries, and forecasting weather to project energy supplies), the economics of WWS generation and transmission, the economics of WWS use in transportation, and policy measures needed to enhance the viability of a WWS system. We find that the cost of energy in a 100% WWS will be similar to the cost today. We conclude that barriers to a 100% conversion to WWS power worldwide are primarily social and political, not technological or even economic.

Les auteurs n’abordent pas la question de convergence dans leur document, mais j’ai fait un autre graphique à partir des travaux du Deep Decarbonization Pathways Project pour en avoir le portrait:

Dans ce graphique (divisions de l'auteur), 10 des 11 pays de l’OCDE se trouvent dans le groupe à gauche; il faudrait y ajouter une vingtaine d’autres pays pour compléter le portrait. Au centre on trouve ce que l’on appelle aujourd’hui les BRICS, qui restent justement en 2050 des pays «en voie de développement». Seul le Mexique parmi les pays de l’OCDE analysés par le DDPP se trouve ailleurs, dans le groupe de pays pauvres à droite; s’y trouvent aussi l’Inde et l’Afrique du Sud, membres du BRICS. Pour le reste, pour compléter le portrait, il faudrait ajouter quelque 150 pays pauvres dans le groupe de droite; le DDPP ne les a pas analysé parce qu’ils ne sont pas d’importants émetteurs de GES. En 2050, comme aujourd’hui, nous verrons environ un milliard de l’humanité dans les pays riches, et peut-être 8 milliards dans les pays pauvres, avec les quelques exceptions comme la Chine qui n’aura pas réussi son objectif de sortir du piège du revenu moyen.

Dans ce graphique (conception et divisions de l’auteur), 10 des 11 pays de l’OCDE se trouvent dans le groupe à gauche; il faudrait y ajouter une vingtaine d’autres pays pour compléter le portrait. Au centre on trouve ce que l’on appelle aujourd’hui les BRICS, qui restent justement en 2050 des pays «en voie de développement». Seul le Mexique parmi les pays de l’OCDE analysés par le DDPP se trouve ailleurs, dans le groupe de pays pauvres à droite; s’y trouvent aussi l’Inde et l’Afrique du Sud, membres du BRICS. Pour le reste, pour compléter le portrait, il faudrait ajouter quelque 150 pays pauvres dans le groupe de droite; le DDPP ne les a pas analysé parce qu’ils ne sont pas d’importants émetteurs de GES. En 2050, comme aujourd’hui, nous verrons environ un milliard de l’humanité dans les pays riches, et peut-être 8 milliards dans les pays pauvres, avec les quelques exceptions comme la Chine qui n’aura pas réussi son objectif de sortir du piège du revenu moyen.

Tous les pays auront connu une amélioration sensible de leur PIB per capita en termes absolus – pour ce que cela peut indiquer termes des défis liés à l’extraction en cause, chiffrés un peu par Jacobson et Delucchi.

Une entente de libre échange climat-compatible

En gardant à l’esprit l’analyse de Tverberg et le besoin d’un nouveau modèle, il était déconcertant de voir des sommités intervenir récemment de façon tout à fait irréaliste en demandant que le Premier ministre Trudeau et les autorités européennes obtiennent un changement radical dans l’entente de libre échange Canada-Europe (AECG) à quelques jours de la signature, cela après sept ans de négociations…

Nicholas Hulot est intervenu en Europe, et l’article qui le couvre souligne:

Selon Denis Voisin, de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme, l’accord va même «doper l’exploitation des sables bitumineux qui sont déjà en tête des exportations canadiennes. L’accord garanti que l’Europe demeurera un débouché pour ces pétroles et il favorisera les investissements européens pour leur exploitation.»

Mathilde Dupré, de l’Institut Veblen, estime par ailleurs que les modifications apportées à l’instrument de règlement des différends par le secrétaire d’État français au Commerce extérieur, Matthias Fekl, ne permettront pas de protéger véritablement les États contre le nombre croissant de multinationales qui réclament des milliards en compensations pour les dommages subis lorsque les États adoptent des lois pour protéger l’environnement.

David Suzuki et Karel Mayrand se joignaient à cet appel avec un article pour le Canada dans Le Devoirsigné également par Hulot. Leur intervention, comme celle de Hulot en Europe, ne visent même pas l’orientation de base, un modèle économique ciblant le libre échange; ils recherchent plutôt un changement dans l’article limitant les pouvoirs des États de légiférer en matière de climat sans risque d’être poursuivis par les entreprises. Une telle mesure fait partie du modèle qui favorise cette composante du développement économique (aux yeux des économistes qui les négocient, et ainsi aux yeux des politiciens) depuis des décennies, faisant partie entre autres de l’ALÉNA depuis 1992.

Non seulement l’appel est tout à fait irréaliste, mais la volonté de rester «réalistes» aux yeux de ceux qu’ils interpellent dans le grand ensemble économique les mène à contre courant d’un ensemble d’interventions très critique de ces ententes de libre échange, que les États-Unis vont vraisemblablement rejeter à l’issu de l’élection présidentielle qui tire à sa fin. Les  intervenants sont tellement loin de chercher un nouveau paradigme, tâche à laquelle nous attellons Tverberg, moi-même et quelques autres, que l’on doit se demander quelle compréhension ils ont du modèle actuel. Suzuki au moins, assez souvent, le condamne, et les citations des intervenants européens donnent une indication de ce qui nous attend avec le rejet de leur demande, maintenant que les «vraies affaires» sont sur la table.

 

 

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  1. Le sens du besoin d’un changement de paradigme – absent – Enjeux énergies et environnement - […] Publié par Harvey Mead le 14 Oct 2016 dans Blogue | Aucun commentaire […]

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