Pour sortir du pétrole – vraiment…

Le mouvement environnemental en général me paraît assez mal orienté, et j’essaie ici – comme je ferai par la suite – de préciser mes critiques et mes analyses, sachant que celles-ci doivent également être mieux énoncées.

J’ai récemment eu l’occasion de faire une présentation à un groupe environnemental très impliqué dans les différentes coalitions intervenant dans l’opposition au fracking, à Énergie Est et à d’autres aspects du positionnement «sortir du pétrole». J’y ai fait un effort d’élaborer – et de clarifier – mon sens que ces interventions, bien ancrées dans la tradition du mouvement et tout à fait justifiées, manquent quand même la cible principale.

Je laisse de coté ce qui semble être une volonté de la part de plusieurs des groupes nationaux ici au Québec de ne pas mettre en évidence et critiquer les énormes dérapages des différents gouvernements au Canada pour respecter les exigences de l’Accord de Paris. Cette volonté, ce refus d’engager les vrais débats qui s’imposent, me désappointent mais relèvent d’une autre sorte de façon de manquer la cible. On peut avoir une idée des importantes lacunes dans le «positionnement» canadien en lisant Gagner la guerre du climat : Douze mythes à déboulonner de Normand Mousseau; les «pistes» qu’il propose ne font que renforcer le constat que nous ne gagnerons pas cette guerre et devons nous préparer pour les conséquences, travailler sur une position de repli.

Les interventions des groupes régionaux me dérangent d’une autre façon. Je me suis déjà dit que les pipelines Keystone XL, Énergie Est et les autres allaient être construits peu importe l’opposition, qui est loin d’en être une des seuls groupes environnementaux. Par après, j’ai commencé à avoir des doutes, tellement les campagnes semblaient aller plutôt bien. Je voudrais tenter d’aborder les enjeux d’une toute autre manière ici, soupçonnant de nouveau que l’opposition ne réussira pas à arrêter les projets, en dépit d’un investissement de temps et d’énergie impressionnant, et convaincu que cette opposition devrait s’orienter autrement de toute façon.

La question du rendement de nos ressources en énergie fossile

Ceci aussi je me l’étais déjà dit aussi: si Keystone XL et Énergie Est sont construits, ils ne fonctionneront pas longtemps, laissant comme principal impact ceux de la construction, et non ceux des fuites etc., qui sont les risques à long terme soulignés par l’opposition. De la même façon, l’opposition à l’exploitation des sables bitumineux eux-mêmes pourrait être plus pertinemment faite aussi.

Je me fonde sur des analyses qui ne paraissent presque jamais dans les interventions, d’après mon suivi de celles-ci. Ces analyses tournent autour du pic de pétrole, mais en insistant sur la distinction fondamentale à faire entre les énergies fossiles conventionnelles et celles non conventionnelles. Pour le charbon, la distinction est probablement plus celle entre le charbon de haute qualité et le reste (mais il en reste de la bonne qualité, avec un ÉROI de plus de 50, déconcertant…), mais pour le pétrole et le gaz, elle insiste sur la question de l’accès aux gisements, de plus en plus difficile et coûteux et exigeant de technologies performantes.

J’en parle assez souvent: il s’agit de la question du «rendement énergétique» de ces ressources, de leur ÉROI (retour en énergie sur l’investissement en énergie). J’ai l’impression que les pétrolières (et les autres) ciblent presque uniquement les coûts qui sont en cause face au prix requis pour une rentabilité de l’exploitation, présumant que le prix va remonter; cela est dans le cadre d’une concurrence mondiale qui semble être au cœur de la baisse du prix depuis 2014, qui suivait une surexploitation entre autres des réserves de gaz de schiste aux États-Unis.

Résumé succinct

Drilling Down, Tainter et Patzek, figure 3.9

L’ÉROI du pétrole conventionnel découvert en Arabie saouidite dans les années 1930 était environ 100 (100 barils extraits pour un baril requis en investissement). Aujourd’hui, nous parlons d’un ÉROI de l’ensemble de la production mondiale qui s’approche du 15, et voilà le défi. Le graphique fournit une image de la situation: l’ÉROI va baisser davantage dans les années à venir en partie en raison de la baisse dans l’exploitation des gisements conventionnels, en partie parce qu’il y a de plus en plus de ressources non conventionnelles dans l’approvisionnement (même si bien limitées par rapport au passé du conventionnel), et celles-ci ont dès le départ un ÉROI assez bas – à moins que les réserves manquantes (le bleu pâle) soient comblées par des découvertes de nouveaux gisements de pétrole conventionnel…

Pour situer ce qui me dérange dans les interventions actuelles, il importe de souligner que l’ÉROI des sables bitumineux est en bas de 5, peut-être aussi bas que 3. Les travaux de Charlie Hall aboutissent au constat qu’il nous faut un approvisionnement en énergie avec un ÉROI au-dessus de 10 pour soutenir notre civilisation, énergivore (voir aussi un autre article de Hall).

La «récession permanente» prévisible

Autrement dit, il me semble assez clair qu’au fur et à mesure que notre approvisionnement dépendra des énergies non conventionnelles, nous allons nous trouver assez rapidement avec un ÉROI global et un coût d’exploitation qui frôleront la non rentabilité en ce qui a trait au maintien de notre civilisation.

Ce constat suggère qu’il n’y aura pas d’exploitation accrue des gisements des sables bitumineux, parce que la production pétrolière qui en proviendra ne permettra pas le maintien de l’ensemble d’infrastructures physiques et sociales qui définissent notre civilisation. Il se peut que les pipelines seront construits par Enbridge ou Transcanada, en se fiant à leur conviction dans une remontée des prix pouvant couvrir leurs coûts d’exploitation. Il ne se pourra presque pas que les sables bitumineux puissent nous fournir ce qu’il nous faut pour nous maintenir.

Ceci s’explique en partie par le coût nécessaire pour l’exploitation des sables bitumineux, qui s’approche de 100$ le baril pour de nouveaux projets (entre 43$C et 70$C pour l’extraction, entre 60$ US et 75$ US livré selon le plus récent rapport du Canadian Energy Research Institute). Il s’explique en plus par le fait que les coûts d’exploitation et l’ÉROI bas résultent de l’importance d’énergie fossile dans le processus d’extraction.

Face à cette situation, il y a eu des décisions des majors (Shell, Exxon, Statoil, autres) de se retirer des sables bitumineux, n’y voyant pas d’intérêt économique pour le court et le moyen termes. Leurs actifs ont été achetés par deux ou trois compagnies canadiennes, dont je ne réussis pas à concevoir le raisonnement dans la planification inhérente dans leurs acquisitions autre que le retour de prix trop élevés…

Ce qu’un ensemble de récessions depuis les années 1970 suggère est qu’un tel prix dépasse la capacité de notre civilisation à se procurer l’énergie qui lui est nécessaire. Il se peut que le creux dans le prix actuel soit temporaire, et qu’il y ait une nouvelle resurgence de production à des prix rentables. J’en doute, mais si oui, il semble assez clair qu’une telle situation nous mettra devant une autre récession assez rapidement, celle-ci fort probablement plus sérieuse que les précédentes. Comme Tim Morgan le caractérise dans Perfect Storm, nous sommes devant une situation économique définie en fonction d’une «récession permanente»: nous sommes au bord de la falaise…

Morgan cliff

Comment agir

J’imagine qu’il demeure important de contester les pipelines et les autres projets d’exploitation et de transport de pétrole et de gaz qui essaiment actuellement, au cas où, comme un ami dans les groupes nationaux m’a répondu face à ces réflexions, l’analyse suggérée soit erronée. L’opposition à ces projets exige de la part des acteurs, comme c’était le cas pour contester les projets de terminaux de gaz naturel liquifié (Rabaska, Cacouna) qui ne se sont pas réalisés, comme ce serait le cas à Québec pour un projet de troisième lien pour permettre l’accroissement du transport par automobile, qui ne verra jamais le jour, comme ce sera peut-être/probablement le cas pour tout ce qui tourne autour des sables bitumineux.

Devant la probabilité calculée de façon raisonnable et assez conservatrice, et devant l’importance des enjeux, je réponds qu’il faut se préparer aussi et presque plutôt – au moins, en même temps – pour la sortie du pétrole tout court. Il faut nous organiser en préparation de cela, alors que les groupes nationaux et les groupes régionaux se démènent à contester les menaces de court terme. Comme j’ai souligné dans mon article sur le livre Sortir le Québec du pétrole, déjà mentionné plus haut:

Le débat pour nous sortir du pétrole a beaucoup trop porté sur la bataille traditionnelle cherchant pour une énième fois à stopper des projets de notre mal-développement. Il reste toujours un besoin urgent pour faire le portait réaliste d’un Québec ayant passé à travers l’effondrement. Marcil débute le livre en soulignant que cet effondrement s’en vient, mais le livre n’arrive à nous fournir que quelques pistes pour passer à travers. Commençons par cibler une réduction de 50% de notre consommation d’énergie. Ensuite, cherchons à trouver comment identifier ce qu’il nous faut pour vivre sur cette planète malmenée (et pas seulement le long du fleuve à risque d’être malmené), avec l’idée que cela aussi se situera dans l’ordre de 50% de moins, en travail rémunéré tout comme en objets de consommation…

La nouvelle approche pourrait commencer avec une reconnaissance de l’échec de la COP21 et l’échec tout à fait prévisible de l’Accord de Paris (surtout si l’on se restreint au Canada et au Québec), comme Bill McKibben commence à réaliser en regardant les orientations de Justin Trudeau. Cette reconnaissance ne doit pas nous amener à mettre l’accent en priorité sur les adaptations nécessaires aux débordements du climat (qui viendront), mais à nous attaquer au système économique qui définit notre civilisation, notre société, système qui s’approche d’une récession permanente où le pétrole ne sera pas omniprésent et où l’automobile, pour cette raison et pour d’autres, ne le sera pas non plus…

L’automobile privée

Voilà un autre élément du positionnement qui ne me semble pas adéquat actuellement. L’opposition à tout ce qui tourne autour des sables bitumineux se fait dans le cadre d’une sortie du pétrole qui doit être précisée dans ses propres exigences. D’une part, il me semble inacceptable de nous voir souligner les risques potentiels de l’exploitation et du transport du pétrole des sables bitumineux alors que nous avons accepté sans la moindre préoccupation un approvisionnement en pétrole depuis des décennies provenant d’outre-mer, où des risques étaient souvent des réalités.

Les impacts se faisaient sentir dans des pays qui, par ailleurs, se trouvent souvent sur des listes dressées pour critiquer les pays qui ne respectent pas différents droits humains (pour un récent exemple, voir la chronique de Francine Pelletier dans Le Devoir du 3 mai dernier, qui fournit le lien à l’article de McKibben) et qui bénéficient – qui dépendent, assez souvent – de leurs expéditions de pétrole. Nous aurions dû «sortir du pétrole» il y a longtemps, si le raisonnement impliqué dans l’opposition actuelle était appliqué avec rigueur en tenant compte des externalités sociales et environnementales.

D’autre part, et probablement plus important dans le portrait, il y a des leurres dans l’opposition qui prône la sortie du pétrole. Plusieurs – presque tous – présument implicitement ou explicitement que nous allons pouvoir faire cette sortie en remplaçant l’énergie fossile par les nouvelles énergies renouvelables, cela donc en maintenant le modèle économique et de société que nous connaissons actuellement. J’ai déjà fait plusieurs articles ici pour souligner les failles importantes dans ces présomptions.

Depuis le 5e rapport du GIÉC en 2013-2014 et la COP21 de décembre 2015, nous devons aussi tenir compte d’autres aspects de la sortie du pétrole, soit la réduction dramatique et rapide de nos émissions de GES – maintenant quantifiés et avec un échéancier. Ici aussi, je suis intervenu avec plusieurs articles pour souligner l’importance – finalement, l’impossibilité – de ses nouvelles exigences. Pour le positionnement qui nous voit électrifier nos transports et ainsi régler nos défis en matière d’émissions, je souligne que dans sa politique énergétique de 2016 le gouvernement québécois vise une flotte en 2030 de 5 millions d’automobiles, et on n’y trouvera qu’un million de véhicules électriques. L’Accord de Paris ne nous permettra pas d’être si lents, cela sans même parler des exigences similaires (mais plus importantes) pour l’ensemble des pays riches et de la résolution des inégalités qui doivent primer dans la confrontation à notre situation, y compris en matière de transports, mais non seulement là.

Du travail à faire encore

Bref, je m’attendrais à ce que les groupes, nationaux et régionaux, interviennent face à des défis sociaux bien plus complexes et plus dérangeants pour le public que le passage de pipelines, de trains et de tankers. Notre défi, celui du mouvement environnemental, est bien plus social qu’environnemental, même en voulant agir pour éviter le pire des changements climatiques.

Un des grands dépotoirs à ciel ouvert de Ciudad Guatemala fournit de l'activité pour la population d'un bidonville qui s'y accote. Le recyclage en cause ne sortira quand même pas le bidonville de sa misère.

Un des grands dépotoirs à ciel ouvert de Ciudad Guatemala fournit de l’activité pour la population d’un bidonville qui s’y accote. Le recyclage en cause ne sortira quand même pas le bidonville de sa misère.

 

MISE À JOUR le 8 mai

Dans un article du Devoir de ce matin, au moins deux des signataires représentent des groupes nationaux. Leur article insiste sur la non rentabilité de l’exploitation des sables bitumineux, cela en suivant les décisions de plusieurs acteurs et tel que suggéré dans mon article, et sur les risques que cela fait courir à la Caisse de dépôt avec ses investissements dans le secteur.

Par contre, les signataires suggèrent que les décisions de la Caisse présument de l’échec de l’Accord de Paris et vont donc à l’encontre du positionnement du gouvernement du Québec à cet égard. Je ne sais pas à quoi ils réfèrent en pensant que le gouvernement du Québec cherche à respecter l’Accord de Paris. Je suggère que la lecture du livre de Normand Mousseau, Gagner la guerre du climat, fournit les bases d’un questionnement quant à leur position à eux à cet égard…

Derrière le tout, les signataires mettent en évidence «la transition énergétique» comme source de réplique, avec «l’essor des énergies renouvelables» et font référence à l’horizon de 2050. Il reste à voir quand les groupes nationaux vont se pencher sur les exigences quantifiées et avec échéancier de l’Accord, ce sur quoi j’insiste dans l’article.

 

 

 

 

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11 Commentaires

  1. Paul Racicot

    À 49 USD le baril de Brent, à 46 USD le baril de WTI, gouvernements et consommateurs ne sentent pas l’urgence de « sortir du pétrole »… et de se payer (ou de subventionner sérieusement) les VÉ et hybrides ou véhicules économiques.

    Nous avons aussi affaire au verrouillage d’un appareillage… logistique, dirais-je, vieux de près d’un siècle environ : véhicules personnels, gros camions de transport et autoroutes, ponts, viaducs, tunnels… et emplois massivement « délocalisés » des banlieues au centres-villes. Ou employés « délocalisés » des centres-villes aux banlieues, c’est selon. 😉

    Les extracteurs d’énergies fossiles ne tiennent nullement compte, à mon avis, de l’EROI (ou EROeI), mais des coûts d’exploitation et des prix sur le marché. Bref, si le total de la colonne des revenus prévisibles (subventions incluses…) l’emporte sur celui des coûts prévus, la machinerie se met en branle. Peu importe l’EROI. Personne ne calcule, me semble-t-il, l’EROI d’une mine de fer ou de phosphate. Pourquoi en irait-il autrement pour une « mine de pétrole » ?! 😉

    Je crains bien plus l’accroissement des «ressources encore à découvrir» (Quelle « habile » façon de combler virtuellement la demande prévue ! 😉 ) qu’un EROI global décroissant, éventuellement nul, puis négatif. Mais si le consommateur est désespéré, il paiera le prix du marché (subventionné ou non) : «Faut que je fasse le plein pour aller travailler !» Évidemment, un prix trop élevé grippera l’économie mondiale : d’où, oui, une récession permanente… jusqu’à l’imparable effondrement, faute de carburant.

    Autre remarque : le gaz naturel n’est-il pas en partie substituable au pétrole ? Mais le gaz aussi connaîtra éventuellement son pic et son déclin. Et d’autant plus hâtivement s’il est substitué au pétrole.

    • Nous sommes bien d’accord sur la façon d’opérer des pétrolières – sauf que je voudrais insister sur le fait que le coût de l’extraction (et du transport etc.) est un proxy pour l’ÉROI et c’est ce coût qui empêche la relance de l’exploitation des sables bitumineux actuellement (et pour un avenir prévisible). Quant aux «ressources encore à découvrir», toutes les tendances, depuis des décennies, suggèrent qu’elles ne seront pas découvertes en forme conventionnelle. Quant aux ressources non conventionnelles, voilà le problème, en jugeant encore par l’expérience passée: la société ne peut se permettre les prix nécessaires pour obtenir ce pétrole.

      Le bas prix actuel est en train de causer de graves problèmes à de nombreux gouvernements dans les pays producteurs. Pour les pays consommateurs, et pour les consommateurs eux-mêmes, je crois qu’il faut lire la situation autrement. Voir le dernier article de blogue de Gail Tverberg, sorti juste après cet article: «Pourquoi il faut être préoccupé par les bas prix du pétrole»

  2. Jean-François Morissette

    Bonjour, merci encore pour votre si intéressante contribution M.Mead, j’adore lire votre blogue.

    Concernant ce vaste sujet, je viens de lire cet article pointant un livre que je n’ai pas encore lu, mais qui pourrait vous intéresser: https://www.vox.com/energy-and-environment/2017/5/10/15589038/top-100-solutions-climate-change-ranked

    Ça semble faire changement des lectures habituelles sur la décarbonisation profonde.

    J’en profite pour faire remarquer que j’aime bien le travail de ce journaliste américain (David Roberts), dont j’ai aimé les récents textes comme sa série de 2 articles sur les renouvelables et son texte sur le besoin de cesser d’exploiter des hydrocarbures. Je ne mets pas tous les liens, le site m’accuse de faire du spammm

    Ce texte sur le même site était une bonne vulgarisation grand public de l’objectif de Paris également: https://www.vox.com/energy-and-environment/2017/3/23/15028480/roadmap-paris-climate-goals

    Bonne lecture!

    • Merci de vos commentaires flatteurs!

      Il me semble que le livre de Hawken ressemble à un paquet d’interventions que j’ai vues, sauf peut-être pour l’envergure. Celle-ci, par contre, finit par être rattrapée à force de suivre la multitude de dossiers. Le deuxième article de mon blogue, il y a plus de quatre ans, portait sur l’enjeu démographique – http://www.harveymead.org/2013/01/19/266/. La population va continuer à croître pour encore des décennies, à moins de catastrophes; il y a tout simplement trop d’inertie dans le système. Finalement, je prends bonne note que son premier scénario, le plausible, n’atteint pas l’objectif…

      En ce qui concerne les renouvelables, aucune idée si Hawken et son équipe prennent en compte la question des ressources nécessaires et – rarement considéré – la nécessité/volonté/voeu pieu de ramener les inégalités dans le monde à un niveau «acceptable». Nous sommes déjà en dépassement de la capacité de support de la planète, avant même de commencer à regarder une multitude de technologies et/ou approches qui vont exiger des ressources supplémentaires et cela pour de plus en plus de monde. Cela en cherchant à éliminer les inégalités qui correspondent à notre version de l’impérialisme ou du colonialisme d’antan…

  3. Jean-François Morissette

    Sur un point de vue bien moins réaliste et sur le ton rêveur de la technologie, même s’il présente sans doute des ruptures importantes technologiquement et qui auront peut-être lieu en partie, que pensez-vous de Tony Seba et de sa vision que le solaire, le stockage, les voitures électriques et autonomes changeront tout, entre 2020 et 2030?

    https://www.youtube.com/watch?v=Kxryv2XrnqM

  4. Merci de l’assiduité à passer à travers la protection contre le spam pour fournir les liens. Je vais regarder le travail de Roberts. Pour le moment, mon soupçon: il regarde les options technologiques dans une approche qui oublie les défis d’une population mondiale surtout pauvre dont il faut tenir compte, maintenant (sinon avant…) que nous sommes face au mur de l’empreinte écologique. Et pour les mêmes raisons, je soupçonne que l’urbanisme accru ne sera pas la voie de l’avenir, mais plutôt un retour à une agriculture paysanne à grande échelle. À voir.

    • Jean-François Morissette

      Hihi! Je ne prétends pas que David Roberts ne révolutionne rien, mais je trouve tout de même qu’il a une belle plume, que ses articles sont bien documentés et quand même lucides pour un média de masse américain. Il pointe quand même des choses comme le fait qu’aucun pays n’a vraiment encore entrepris de respecter Paris, et il couvre assez large dans ces articles. Mais effectivement, c’est souvent américano-centrique, sans prendre en compte les inégalités mondiales.

      Agriculture paysanne à grande échelle…décidément, le 21e siècle nous réservera des surprises…

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  1. Pour sortir du pétrole – vraiment… – Enjeux énergies et environnement - […] Publié par Harvey Mead le 4 Mai 2017 dans Blogue | Aucun commentaire […]

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